L’ABC des chiens

L’ABC des chiens
Julie Eugène
L’édune, 2013

 Des Chiens de partout, petits et grands

Par Anne-Marie Mercier

LABCdeschiensOn pourrait croire qu’il s’agit d’un simple  abécédaire de plus, qui tenterait de faire coïncider vaille que vaille son objet aux 26 lettres de l’alphabet, eh bien non, c’est bien plus. Tout d’abord, il réussit le tour de force qui consiste à trouver des noms pour toutes les lettres (avec quelques rares entorses comme « italian Grey Hound », ou « U Cursinu » (chien corse ; quant à la lettre « q », on vous laisse la surprise). Mais c’est aussi une encyclopédie charmante : chaque chien est donné avec son caractère, son histoire, son origine géographique et une mini carte et un drapeau pour l‘illustrer. Tout cela est accompagné de conseils d’éducation, d’alimentation (le Mâtin de Naples mange 700 g de viande par jour, c’est bon à savoir, parents qui voulez limiter les désirs de vos enfants) et d’un zeste d’humour.

L’extraordinaire abécédaire de Balthazar

L’extraordinaire abécédaire de Balthazar
Marie-Hélène Place, Caroline Fontaine-Riquier
Hatier, 2013

Dans la forêt des lettres et des sons…

Par Dominique Perrin

abéVoici un abécédaire qui mérite son qualificatif d’« extraordinaire », au sens où il suggère le caractère à la fois merveilleux et fondateur de la découverte du système de la langue écrite. L’univers imagé y est engageant et cohérent, les textes associés à chaque lettre brefs et chantants. On peut cependant s’interroger sur la mise en œuvre des principes pédagogiques présentés en page de garde à destination du lecteur médiateur. Contrairement à ce que supposent ces préconisations préalables, certaines lettres-sons simples sont parfois présentes ici bien ailleurs qu’à l’initiale des mots du texte (voir « i ») ; et surtout, certaines lettres sont quasiment absentes du texte censé leur être dédié, au profit d’autres graphies du son auquel qu’elles rendent (voir la curieuse page « è »). 

ABC bestiaires

ABC bestiaire
Janik Coat
Autrement Jeunesse, 2012

D’Antonin à Zadig

Par Christine Moulin

45239L’abécédaire est un genre ancien… Nous voilà loin, ici, des merveilles victoriennes, aux illustrations chargées. Tout est épure, à commencer par les pages de garde, qui montrent des dessins en noir et blanc, aux douces formes arrondies. La courbe, tel semble le parti pris de cet album, en effet, ainsi que les aplats de couleur, qui ne pourront que réjouir les yeux enfantins. Mais les parents et les plus grands pourront aussi apprécier la discrète originalité qui donne son prix à ce moderne imagier. La structure, accumulative, permet d’aboutir à une image foisonnante, une fois le « z » atteint. Mais surtout, ce qui est à la fois ludique et instructif (le mot est lâché…!), c’est que les mots écrits à chaque page n’indiquent pas le nom du nouvel animal représenté, mais lui associent un prénom. C’est ainsi que la baleine, semble-t-il, s’appelle Barbara. On s’imagine les jeux linguistiques qui peuvent alors naître spontanément: Didier le dindon, Florimond le flamand, Gaby la grenouille…  Pour vérifier si « l’on a juste », si l’on a bien identifié le nouvel animal, il faut se reporter à une liste, à la fin de l’ouvrage ou sur la quatrième de couverture, liste qui, en elle-même, est déjà jubilatoire, comme l’ensemble du livre, dont on peut présager qu’il sera longtemps et souvent feuilleté.

Voir aussi l’enthousiasme de nos amis de Ricochet.

Mon super abécédaire : mille mots et plein d’autres choses

Mon super abécédaire  : 1000 mots et plein d’autres choses
Julien Rosa
Seuil Jeunesse, 2011

De l’alligator au zig-zag

par Christine Moulin

Voilà un abécédaire qui se prend pour un dictionnaire ou un imagier. Mais foin des subtilités génériques ! Le plaisir est là car à chaque lettre correspond une double page qui fourmille de mots et de dessins. Enfin, presque … car en fanatique du genre, j’ai foncé vers les terribles lettres « w, x, y, z » : las ! elles sont rassemblées sur une même double page et les items se font rares ! On n’échappe pas au sempiternel xylophone ni au yack éculé. De même la lettre « k » décline képis, kiwis, koalas et kangourous mais laisse place, il est vrai, au ketchup, un peu moins attendu !

L’originalité de cet abécédaire ne réside pas forcément, on l’aura compris, dans les mots choisis (quoique bédétiste ne soit pas particulièrement fréquent !)  mais dans le parti pris indiqué par le sous-titre : Mille mots et plein d’autres choses. C’est le « plein d’autres choses » qui promet de longs moments délicieux, passés à examiner les illustrations, foisonnantes mais homogénéisées par la présence exclusive d’animaux.

Ce qui peut également amuser, c’est la volonté de surprendre, par de légers décalages : ainsi, pour le mot affiche, on a bien une affiche, mais collée dans une armoire. Les alpinistes sont des fourmis qui escaladent une grosse pierre. Dans le fauteuil du dentiste est assis un crocodile et le praticien est un diplodocus ! C’est que les images, au lieu d’être posées les unes à côté des autres, font scène et créent une atmosphère joyeuse et loufoque.

Enfin, on peut remarquer que la solution de facilité qui consiste à ne représenter que des objets a été évitée : on a ainsi le droit à des adjectifs comme énorme ou étrange, mais aussi, et c’est louable, à des noms de sentiments comme ennui ou à des verbes a priori peu faciles à illustrer comme oublier.

Bref, cet ouvrage permet sans aucun doute des échanges fructueux entre parents et enfants, perdus dans une même contemplation et une même recherche du petit détail fantaisiste. Mais il me semble que ce livre est à éviter absolument pour la lecture du soir car sinon, on n’est pas près d’être couché !

 

 

Plouf! un abécédaire aquatique

Plouf ! un abécédaire aquatique
Thomas Baas

Seuil Jeunesse, 2011

Des épinards à la querelle, en passant par la noix

par Christine Moulin

thomas baas,seuil jeunesse,mer,abécédaire,clac book,christine moulinLa collection Clac Book est vraiment surprenante. Les genres sont variés et les surprises bonnes ou moins bonnes… Le cru est à recommander, cette fois. Les illustrations de cet abécédaire, toutes rondes, fondées sur quelques couleurs récurrentes, forment un paysage attractif et joyeux. Mais ce qui est très amusant, ce sont les mots choisis qui sont loin de tous appartenir au champ lexical de la mer. Seule l’image peut alors expliquer la présence de tel ou tel vocable : rien de pesamment didactique, donc. Le jeu avec le genre est agréable, sans pour autant gâcher le plaisir prévisible des tout-petits.