Sa Majesté Ver-de-Terre et autres folles princesses

Sa Majesté Ver-de-Terre et autres folles princesses
Piret Raud
Rouergue, 2013

Les rois du bizarre

Par Anne-Marie Mercier

Les princesses sont davantage présentes que le Ver-de-Terre, mais dans toutes les histoires, c’est tout aussi fou : princesse aux jambes tordues, princesse timbre-poste, princesse éléphant, princesse à l’envers, princesse momie… toutes ces princesses sont munies de tout ce qu’il faut (un palais, une robe de princesse, des parents parfois), mais tout va de travers avec elles et elles nous montrent soit les miracles de l’esprit positif, soir les désastres de l’aveuglement.
C’est loufoque à souhait mais parfois très sage ; certains récits sont des fables réussies sur l’égoïsme et le narcissisme, d‘autres semblent tout à fait gratuits. Tous célèbrent la multitudes des possibilités, fictionnelles ou réelles.

 

Mini bibliothèque Sendak

Mini bibliothèque Sendak
Maurice Sendak
L’école des loisirs, 2018

Maxi plaisir

Par Anne-Marie Mercier

Réédition de 1974, ce petit coffret (10 cmx 7 cm !) contient 4 mini albums, à couverture toilée et cartonnée, sous jaquettes illustrées aux couleurs pastel d’un  bel effet. On y trouve Pascal, histoire d’un garçon qui répond à tout ce qu’on lui dit : « ça m’est bien égal », jusqu’au jour où il rencontre un lion qui lui demande « s’il préférait mourir tout de suite ou quand il sera vieux ». On devine la suite : le lion le mange, et dans le ventre du lion, Pascal prononce toujours la même phrase, jusqu’au dénouement, heureux comme on s’en doute. Les autres albums sont moins narratifs mais tout aussi fantaisistes : Ma soupe de poule au riz propose un texte par mois (mais toujours la même soupe, délicieuse en toutes circonstances…) ; J’adore les alligators est un abécédaire qui met les alligators dans de drôles de situations (lettre L : « quand ils Louent des costumes de Lions ») ; Un, deux, trois…etcaetera ! est un album à compter dans lequel Johnny voit sa maison envahie par un, puis deux, puis trois, etc. animaux de toutes sortes, se fâche les met à la porte, et il n’en reste plus que neuf, puis huit, etc.
Tout cela est parfois en vers (de mirliton), toujours drôle, parfois un peu grinçant, pertinent, et illustré par Sendak Himself, donc un régal, forcément. Mais comprenez le bien, le petit format sera un délice certain pour les petites mains.

Les Aventures de Lester et Bob

Les Aventures de Lester et Bob
Ole Könnecke

L’école des loisirs, 2017Entre amis

Par Anne-Marie Mercier

Ce petit album a sans doute connu un beau succès – du moins on l’espère puisque c’est une réédition de la première version de 2016. Ce serait mérité. Son thème doit intéresser de jeunes lecteurs car il parle d’un sujet crucial pour eux (et pour les autres aussi)  : comment être ami ? doit-on tout accepter ? peut-on être ami avec quelqu’un de très différent ? peut-on être gai quand son ami est triste – ou l’inverse ?
Toutes ces questions ne sont pas posées mais naissent des situations cocasses où se retrouvent Bob, l’ours balourd, et Lester le canard malin et élégant.
Décidément, Ole Könnecke, auteur également de la série des Anton (Anton et les filles, Anton est-il le plus fort, etc.) est parfait pour aider à philosopher avec les plus jeunes.

Le Soir on se dit des poèmes

Le Soir on se dit des poèmes
Thierry Radière, ill. de José Mangano
Soc & Foc, 2016

Confidences pour confidences

Par Anne-Marie Mercier

La phrase de Jean Cocteau citée en exergue au recueil dit bien où se situe sa source : « Plus un poète chante dans son arbre généalogique, plus il chante juste ». Thierry Radière regarde non vers les racines mais vers le haut des branches, où se tient une toute petite fille, la sienne.
Il y est question d’ogres, de maitresses, de manèges, de trottinettes, et de tout ce qui peut peupler le quotidien d’une enfant d’aujourd’hui. Mais aussi de ce qu’on peut faire ou non  – et pourquoi – des tempêtes dans le bain, des plaisirs qu’on voudrait répéter jusqu’à plus soif, d’une chambre pas rangée quand vient la nuit, du lien avec les parents, et de ceux-ci, de leurs émotions, sourires, craintes. Les illustrations ajoutent un peu de « peps », acidité du choix des couleurs, rapidité du crayonné fantaisie, et le tout fait un bel ensemble.
C’est un recueil qui s’adresse aussi bien aux parents qu’aux enfants.  Il parle aux uns (il y a un « je » qui s’adresse à un « tu ») et fait entendre un  parent à la place duquel on se met facilement, tant sa parole est tendre et vraie. Le prologue et l’épilogue encadrent d’inquiétude ces visions heureuses, le dernier étant comme un manifeste sur ce qu’on choisit de dire aux enfants en poésie.

voir une « page arrachée » sur le site de l’auteur

Trio

Trio
Franc Bruneau, Ambrogio Sarfati, Camille Tartakowsky
Editions Dyozol, 2017

Géométries humaines

Par Anne-Marie Mercier

C’est l’histoire d’un… triangle. Il est bleu, il s’appelle Trio. Il vit dans un hexagone, avec ses parents, monsieur et madame Pythagore, qui viennent d’ailleurs. Son papa et sa maman, deux triangles bleus comme lui, l’aiment beaucoup. Mais voilà, les autres enfants sont plutôt ronds ; quelques-uns sont carrés. Et si Trio s’entend bien avec Carro (carré jaune) et Cyclo (rond jaune), ça ne va pas du tout avec Rondo « un grand rond revanchard » qui déclare : « on n’a pas besoin des ronds et des carrés dans la contrée aux six côtés ».
Au pays de la littérature de jeunesse, la raison et l’intelligence gagnent toujours : Trio démontre qu’on peut faire toutes sortes de figures en combinant les formes (des carrés et des formes presque rondes avec des triangles, etc.) mais aussi dessiner des arbres, toute une ville… La fin ressemble à un jeu de construction.
Partant d’une formule imitée de Petit Bleu et Petit Jaune de Léo Lionni, et de Petite Tache de Lionel Le Néouanic, les auteurs combinent le message de tolérance avec un jeu sur les formes et les couleurs très réjouissant.
Petit album cartonné, il permet une « lecture » à plusieurs niveaux, aussi bien pour les tout petits que pour les plus grands. Il propose une entrée dans les questions difficiles par les formes, les couleurs et la géométrie, une belle performance pour les éditions Dyozol.

On les découvre sur leur site (après les avoir vues au salon du livre pour la jeunesse de Saint-Paul-Trois Châteaux) :
« Les Éditions Dyozol, nouvelle maison d’édition jeunesse, vont publier à partir de janvier 2017 des livres d’artistes et d’écrivains jeunesse destinés dans un premier temps aux enfants de 0 à 9 ans.  L’ambition de l’équipe des Éditions Dyozol est de privilégier des thématiques contemporaines fortes et des formes qui incitent à l’échange entre l’enfant et l’adulte par un traitement poétique, ludique et implicite. »
On leur souhaite de continuer sur cette belle lancée !

 

 

Les Enfants de Médée

Les Enfants de Médée
Suzanne Osten et Per Lysander [1975]
Traduit (suédois) par Marianne Ségol-Samoy
Théatrales jeunesse, 2009

De la tragédie pour les enfants ?

Par Anne-marie Mercier

« Inspiré librement de la pièce d’Euripide », le texte de Suzanne Osten et Per Lysander est fidèle à son esprit : Jason est infidèle, Médée est folle de douleur ou de colère, les deux sans doute. Les enfants sont à la fois perplexes et terrifiés. Tout cela est transposé à l’époque moderne, mais le plus grand changement vient du point de vue : c’est celui des enfants qui, dans la pièce n’existent que pour mourir sous les coups de leur mère.
Ils parlent entre eux. Petit Jason questionne sa grande sœur, Petite Médée, sur ce qui se passe et sur les mots qu’il ne comprend pas (comme « se séparer »). L’angoisse monte progressivement, avec les commentaires du chœur, ceux de la nourrice, et avec la violence des paroles de Médée et l’hypocrisie de Jason, jusqu’à une tentative de fugue, puis la scène du meurtre… qui est un cauchemar raconté par l’un des enfants. Après ce récit, comme sous l’effet d’une catharsis, la violence faiblit, une solution est trouvée, une acceptation plus ou moins, difficile finalement pour Jason.
L’écriture est sobre et belle, les parents et le chœur parlent dans le style du drame antique, la nourrice traduit en langage moderne courant ; les paroles des enfants sonnent juste ; elles sont aussi parfois drôles et crues. Le drame qui se joue est à la fois mythique et réel, le mythe se rapproche du fantasme par la vérité du rêve.
La transposition est parfaitement réussie. Devenue un classique en Suède, la pièce émeut autant les adultes que les parents et illustre une idée du théâtre pour le jeune public forte : un théâtre qui s’adresse à tous et qui parle de l’enfance et des enfants en les mettant au cœur du théâtre.

« Petite Médée : J’ai rêvé qu’on était morts ; Tu étais allongé comme ça… (Elle l’allonge par terre.) Et moi comme ça. (Elle s’allonge sur le lit.) On nous avait tués à coups de hache. La hache était décorée de grelots… J’avais reçu des coups de hache dans le ventre et toi dans le cou. Ta tête était tombée et elle roulait par terre comme un ballon. Elle fait rouler le ballon) Et c’est à ce moment-là que papa est arrivé. Il a pris ta tête parce qu’il devait aller au terrain de foot pour jouer et quand il l’a vue il a dit  (Jason mime) : « Il ne s’est même pas brossé les dents »

Petit Jason: Pourquoi on était morts? Qu’est ce qui était arrivé?

Petite Médée : Je ne sais pas . Maman était fâchée et elle s’était servie de ses pouvoirs… »

 

Les Mystères d’Héraclite

Les Mystères d’Héraclite
Racontés par Yves Marchand, ill. de Donatien Mary
Les Petits Platons, 2015

Philosophie du flux et du feu

Par Anne-Marie Mercier

Dans ce nouvel ouvrage des Petits Platons, nous rencontrons Héraclite, le philosophe de l’instabilité des choses. Héraclite d’Éphèse raconte sa vie. Son père est riche et partisan des traditions; il augure le meilleur pour son fils, s’il suit ses traces et honore Déméter. Héraclite part à Éleusis pour être ainsi initié aux Mystères, gagner l’immortalité, ce qui lui donnera un accès aux hautes sphères de la société, et par là l’acceptation du père de sa belle pour leur mariage. L’initiation est terrifiante, et suivie d’hallucinations. La plus persistante lui fait voir les humains en animaux.
« Chacun a des désirs selon son espèce. Et certainement, dans les parties chaudes de nos pelages les poux et les puces ont-ils des temples avec des initiés qui font des demandes de poils. Mais nous les hommes, sommes-nous différents quand nous demandons de l’or, des moissons abondantes ou des victoires militaires ? Nous donnons des formes humaines à nos dieux pour leur mettre dans la bouche des paroles humaines. »
Il retient cette leçon de la déesse : « Moi, la déesse de la nature, je ne suis pas dans ce sanctuaire » et cette réflexion pour la suite de sa vie : « Nous voyons la nature par l’étroite lucarne de nos plaisirs. Nous voulons le meilleur sans le pire, une vie de luxe et de plaisir. La nature est un mouvement incessant entre des contraires, mais nous prions Déméter pour qu’elle se fige en fonction de nos intérêts ». Pensée, arts, musique, tout est soumis au flux, à l’équilibres des contraires, tout passe et la nature est partout. Elle joue avec la vie des hommes, sans colère.
Héraclite abandonne le monde qu’il a trop percé à jour et part écrire ce qu’il a découvert. Le début de son récit était plein d’allant et d’espoir, à la fin est désabusée mais serein, itinéraire de toute une vie à philosopher. Ce petit texte captive par la voix de son narrateur, un jeune homme en proie au doute et en quête de vérité.

Electre Justicière

Electre Justicière
Sylvie Gérinte, Daniele Catalli
Amaterra (« Les grands personnages à hauteur d’enfant »), 2018

Du sang sur les pages

Par Anne-Marie Mercier

A priori, l’histoire d’Électre n’est pas «pour les enfants»: faire assassiner sa mère ne fait pas partie des choses acceptables dans ce domaine. Certes, ce n’est pas elle mais son frère Oreste qui tue, et sa mère était bien coupable : elle avait fait elle-même assassiner son mari Agamemnon par son amant au retour d’ Agamemnon la guerre de Troie ; certes, sa mère avait des excuses : son mari n’avait-il pas sacrifié leur fille ainée, Iphigénie, avant de partir pour cette guerre qui a duré 10 ans ? etc.
L’histoire est résumée en quelques pages, malgré sa complexité, et dans un style réussi pour ce qui est du récit, un peu plus apprêté pour ce qui est de l’insertion de paroles.  Les auteurs se tirent assez bien de l’exercice difficile de l’adaptation : l’assassinat de la mère et de son amant par Oreste  prend trois lignes ; le meurtre de leur père est révélé à la jeune fille par la déesse Athéna, dans un rêve, et le récit de cet événement s’étend sur une page entière se concluant par une lamentation (« Ô douleur de voir ce grand roi étendu, mort, sur un large voile ensanglanté ! ») tout le reste est centré sur la douleur et la solitude d’Électre, présentée comme un personnage proche de Cendrillon. Les illustrations sont simples et belles, entre le conte et le mythe donc bien en relation avec le projet.

Dans la même collection, on trouve Calamity Jane, Orphée  et Cléopâtre.
Signalons chez le même éditeur une autre collection proche, « Les grands textes
à hauteur d’enfant
, qui présenteUlysse (mais aussi Pénélope !) Cyrano, Alice, Thésé, Gavroche, Fadette…

Persée. Vainqueur de la Gorgone

Persée. Vainqueur de la Gorgone
Yvan Pommaux
L’école des loisirs, 2018

Oh le joli conte, oh le joli héros, oh le bel album !

Par Anne-Marie Mercier

L’histoire de Persée est un joli conte qui finit bien (enfin, pour les héros…), contrairement à la plupart des histoires de la mythologie. Mais comme dans bien des histoires elle avait mal commencé : un oracle sombre délivré à son grand-père (qu’il tuera par hasard sans le savoir) fait que celui-ci enferme sa fille, Danaé, dans une tour. La belle princesse est repérée par Zeus et honorée (!) de la pluie d’or (jolie image) ; puis elle est enfermée dans un coffre et jetée à a mer avec son fils, etc. À la fin, le bon fils sauve sa mère, tue le monstre (la Gorgone) et épouse la princesse (Andromède).
Aussi les pages de Pommaux dans cet ouvrage sont-elles parfois proches de ce qu’on attend d’un conte pour enfants : couleurs pastel, beaux gris-bleu, vert tendre, rose pâle… Les personnages ont des visages d’enfants, et les petites ailes qu’Hermès fixe aux pieds de Persée sont mignonnes à souhait. En contraste, le sang  de la Gorgone et du monstre marin, celui dont jailli Pégase, est d’un beau rouge qui tranche sur toute cette douceur, comme les bruns et les noirs des scènes angoissantes et le gris des humains pétrifiés par le monstre.

Encore un beau récit en images, qui mêle mythe et enfance, comme le faisait l’histoire de Thésée, avant et après les récits plus sombres et âpres des autres albums, Troie, Œdipe, Ulysse

 

J’ai avalé un arc-en-ciel

J’ai avalé un arc-en-ciel
Erwan Ji
Nathan, 2017

Ne pas se fier aux apparences!

Par Christine Moulin

Que voilà un roman surprenant ! A priori, on croirait qu’il a été écrit par une jeune fille américaine: en effet, il se présente comme la transcription d’un blog d’une certaine Puce, qui, en fait, s’appelle Capucine. Bien sûr, on ne fera pas l’erreur de confondre auteur, narrateur et personnage. Mais quand même… On se demande comment un homme, d’une trentaine d’années, breton, sait tant de choses sur les mœurs très particulières d’un lycée américain huppé (un établissement du Delaware, réservé à ceux qui ont les moyens de se le payer: si Capucine peut y être inscrite, c’est que sa mère y est enseignante de français). Il semble ne rien ignorer de l’enseignement qui y est délivré, des méthodes pédagogiques, du quotidien  des élèves, de leurs rites, de leurs fêtes, de leurs lois, implicites ou non, des codes qui régissent leurs relations. Il est vrai qu’un auteur peut se documenter… Il est vrai aussi qu’il faudrait vérifier la véracité de sa description…

Mais ce qui est plus intrigant,  c’est la façon dont il sait décrire, avec une finesse qui laisserait croire qu’il se sert de souvenirs personnels, les émois, les pensées, les angoisses, les sentiments, les joies d’une ado mi-française mi-américaine. La surprise est d’autant plus grande que, quand on aborde les premières pages, on se dit qu’on a encore affaire à un de ces ouvrages trouvés par l’éditeur sur Internet, écrits par des jeunes filles bavardes, qui, avec un style de rédaction de 3ème, accumulent les clichés et les situations convenues: « Si vous lisez ces lignes, vous êtes tombé sur mon blog ». Mais très vite, certaines dissonances indiquent qu’on fait peut-être fausse route: « On ne peut pas se plaindre de vivre dans le Delaware quand il y a des endroits qui s’appellent Gaza, Soudan ou Corée du Nord. » ou « Je ne sais pas pour vous, mais quand mon réveil sonne, si le diable arrivait et m’offrait dix minutes de sommeil en plus contre la vie de mon père ou de ma mère, je pense que ça me ferait réfléchir. Je ne dis pas que je dirais oui, mais je ne dirais pas non avant d’avoir pesé le pour et le contre. » Autrement dit, on a l’impression d’entendre une voix, drôle, ironique, généreuse, vivante.

Si bien qu’on continue et qu’on ne lâche pas ce livre qui, pourtant, ne raconte pas vraiment d’histoire: il ne se passe pas grand-chose mais l’ensemble s’apparente à une chronique (on suit Puce sur une année scolaire) attachante, changeante, nuancée, qui mène tout doucement l’héroïne au bord d’une autre vie, celle où l’on doit quitter ses parents, son cocon, pour aller vers l’âge adulte. On ne s’ennuie jamais avec elle et on prend beaucoup de plaisir à suivre sa douce évolution, son éducation sentimentale, sa maturation, d’autant plus que l’écriture de ce premier roman est tonique, originale, grâce à un mélange d’anglais et de français, qui ne freine jamais la lecture  et pleine d’humour. On peut se faire une idée du ton de l’auteur dans sa biographie dont on peut supposer qu’elle est née de sa plume: « Erwan Ji est né en 1986 à Quimper. Il aime les feux de cheminée qui crépitent, l’odeur du blé noir, quand la tête d’un bébé kangourou sort de la poche de sa maman, et les descriptions de pique-nique dans Le Club des cinq. Il n’aime pas quand la mousse du bain s’est envolée, les gens qui chantent faux mais qui chantent quand même, ceux qui demandent « Ça va ? » sans écouter la réponse, et abandonner devant une pistache trop fermée. Lorsqu’il avait sept ans, il a mangé du sable en pensant pouvoir obtenir les pouvoirs de son idole, Superman. »