Waldemar Patatarte, presque chevalier– La Quête de la tétine magique
Christine Beigel – Agnès Ernoult
Didier Jeunesse 2026
Sacré Graal !
Par Michel Driol
Avec un titre pareil, un tel nom de (presque) chevalier et en voyant l’illustration de couverture, on sait à quoi s’attendre… Une parodie burlesque, dans laquelle le Royaume s’appelle Ventredodu, et le roi protégé par les chevaliers de la Tarte Sucrée. Bref, dans ce royaume où tout n’est que pâtisseries et sucreries, vient à naitre un héritier, qui ne fait que pleurer. Heureusement arrive un marchand italien qui a la solution : une tétine. Malheureusement, quand un maki la vole, il faut la retrouver. Les valeureux chevaliers ne trouvant pas la mission à leur hauteur, c’est donc le presque chevalier, presque poète, Waldemar qui devra affronter les monstres, dragons et autres adversaires pour retrouver la tétine que le nouveau-né s’empresse de rejeter, car qui voudrait téter un objet mâchouillé par tant de bouches monstrueuses ? Reste la solution universelle : le pouce !
Comme dans les contes traditionnels, les obstacles fantastiques se multiplient – ours-garou, monstre du chocolac…, adversaires qui meurtriront quelque peu le corps du héros… Ce pastiche de table ronde, de quête d’un objet à la fois magique et quotidien est bien déjanté. Par le texte à la grande force comique, qui abonde en jeux de mots (les noms de personnages), en parodie des langues (celle du marchand italien), en néologismes savoureux et aux allusions – à peine voilées – à l’univers de la chevalerie médiévale et au cycle d’Arthur, qui resteront sans doute hors de portée des jeunes lecteurs. Mais aussi par l’illustration qui propose un presque chevalier à la longue et déguingandée silhouette don quichottesque qui s’oppose à la rondouillardise des autres personnages humains. Les illustrations, très colorées, très détaillées, sont très expressives dans la création de cet univers improbable et plein de fantaisie. Avec une mention spéciale pour les objets anachroniques colportés par le marchand italien !
Un album où le burlesque règne en maitre, pour prouver, s’il en était besoin, que la valeur n’attend pas le nombre des années, qu’à cœur vaillant il n’est rien d’impossible, dans un monde utopique de gourmandise sans limite où, malheureusement, les bébés pleurent comme partout !








