Chemins toxiques

Chemins toxiques
Louis Sachar
Traduit (anglais-Etat-Unis) par Diane Ménard
Gallimard jeunesse, 2016

 

Roman écolo-scolaire

Par Anne-Marie Mercier

Après avoir popularisé dans le fameux Le Passage un nouveau sous-genre romanesque, le roman scolaire en milieu de camp de travail, Louis Sachar propose ici un autre roman dont l’histoire est fortement ancrée dans un établissement scolaire et dont les protagonistes vivent des situations de danger dans un milieu sauvage. Ce collège prestigieux est situé au bord d’une forêt interdite d’accès – évidemment, des adolescents y cherchent paradoxalement refuge : on aura reconnu le thème fréquent de la forêt interdite, celle des contes, ou celle qui jouxte Poudlard, l’école des sorciers de Harry Potter.

Ici, le monstre est une mousse faite d’animalcules microscopiques créés par un savant à l’air très fou. L’intérêt du roman réside dans son suspens, ses récits, points de vue et temporalités alternés, mais aussi dans le portrait psychologique des trois adolescents et dans les profils scolaires que chacun incarne : la jeune fille effacée mais courageuse et altruiste, le garçon « normal » mais dans le fond assez lâche, et enfin le voyou qui terrorise et fascine tous ses camarades et cache une âme blessée.

Si ce roman n’est sans doute pas à la hauteur d’invention du Passage, il fonctionne bien et les passages qui se déroulent dans la forêt sont fascinants.

La Forêt est en danger !

La Forêt est en danger !
Edwige Planchin et Caroline Petit, illustré par Gabriella Corcione
Les petites bulles éditions (premières lectures), 2014

Un gang de petites taupes écolo

Par Anne-Marie Mercier

Voilà des petitLaForet_endanger_dp_01es taupes occupées à une affaire plus sérieuse que de s’interroger sur leurs mésaventures personnelles : il s’agit de sauver la forêt, et la planète par la même occasion. La « leçon » citoyenne est ici délivrée avec humour et fantaisie : de jeunes taupes complotent à l’école afin de lutter contre la destruction de la nature et son envahissement par des déchets. Plans, souterrains (taupitude oblige !), rendez-vous nocturnes, cabane cachée, messages secrets (un alphabet codé est donné en fin d’ouvrage), et un zeste magie (procédé un peu facile : espérons que cette sympathique bande aura d’autres ressources si cet ouvrage fait série), toutes sortes d’ingrédients rendent l’aventure savoureuse.

Elle est par ailleurs très lisible pour des lecteurs débutants, avec une typographie simple, une liste de personnages pour repérer les petits détails qui les distinguent entre eux (une taupe ressemble terriblement à une autre sans cela…), et une disposition tantôt en pavé de texte dans l’image pour la narration, tantôt en bulle, pour les dialogues. Les dessins, à l’allure enfantine, savent mettre en valeur les éléments importants et font que textes et images se complètent.

Edwige Planchin, documentaliste et auteur de plusieurs ouvrages de littérature de jeunesse (notamment de Bienvenue chez les Tous-pareils que nous avons beaucoup aimé-voir sa chronique sur lietje ), fait partie de l’équipe du journal gratuit distribué sur Lyon, Saint-Etienne et Grenoble, « bimestriel ludo-culturel », dont on reparlera plus tard : Patatras ! mag

patatrascouv15Vous pouvez le feuilleter en ligne en attendant :

http://www.patatrasmag.com

 

Les Aventures d’Alexandre le gland

Les Aventures d’Alexandre le gland
Olivier Douzou
Rouergue, 2013

Aventure initiatique au ras du sol

Par Anne-Marie Mercier

LesaventuresdalexandreCe récit jubilatoire, sans doute né d’un jeu de mot (on aura reconnu Alexandre le grand), est tout à la fois un récit initiatique, un jeu culturel, un jonglage langagier et un délicieux pastiche de roman d’autrefois.

Alexandre est un gland accroché à un chêne ; le dernier à rester, il ne veut pas tomber, une fois tombé il ne veut pas s’enfouir, et pourtant il est bien conscient de sa noble origine et de son destin.

S’il est inutile de raconter cette histoire, tant elle est portée par le charme des mots et des images, disons rapidement qu’Alexandre dans son errance rencontre un ver qui fait des vers (qui rappelle l’hilarant Vers de terre du même auteur), des châtaignes agressives, une noix philosophe qui déclame du Victor Hugo, des fourmis affairées, une fourmi rebelle, un escargot, etc., et… Pinocchio. Chacun a son langage propre (Alexandre labialise les R, forcément), comme sa vision du monde, et des conseils à donner. Alexandre écoute, s’interroge et rêve beaucoup, en bienheureux ou en cauchemardeux.

En sourdine, en bas de page, les commentaires du narrateur insistent sur le côté édifiant de l’histoire, invitant sans cesse le jeune lecteur à confronter cette fantaisie au réel et à juger de la conduite d’Alexandre. Cette posture distanciée n’empêche pas cependant que la leçon fonctionne : Alexandre tout gland qu’il est, est bien à l’image d’un enfant.

Voilà le loup !

Voilà le loup !
Alex Sanders

L’Ecole des loisirs (loulou & Cie), 2011

 Délivez-moi ! au pays des loups 

par Sophie Genin

alex sanders,loup,forêt,objet livreEn 1996 était sorti le fameux et très original Délivrez-moi !, histoire d’un petit ours à délivrer de sa cage. Le héros était sauvé par le lecteur qui refermait vite le livre, « clac ! », sur le méchant croco qui voulait l’attraper.

En 2011, Alex sanders remet ça, mais cette fois-ci, il ne faut pas sauver le gentil mais échapper au loup, grâce, à nouveau, à la fermeture du livre, « clac ! ».

On peut s’attendre à lire et relire ce petit album cartonné autant qu’on a pu le faire avec le premier opus mais on peut aussi regretter la facilité de l’auteur illustrateur à refaire à l’infini le même livre ! Un peu d’originalité ne peut nuire aux plus jeunes lecteurs…