L’Observatrice. 10 juillet 2005 : ébauche d’une démocratie

L’Observatrice. 10 juillet 2005 : ébauche d’une démocratie
Emmanuel Hamon, Damien Vidal

Rue de Sèvres, 2018

Une éducation sentimentale et politique

Par Anne-Marie Mercier

L’héroïne de cette BD, Mathilde, est titulaire d’un master en droit international, parle couramment russe et est toujours stagiaire à 27 ans. Elle galère aussi avec des petits boulots. Elle a l’opportunité de découvrir la vie des observateurs internationaux envoyés pour surveiller la tenue d’élections dans un pays qui accède tout juste à la démocratie, ici le Kirghizistan. Rencontres, diners, entrevues, hasards, lui font découvrir petit à petit que cette tâche apparemment exaltante n’est qu’une mascarade : la corruption est présente à tous les niveaux et ceux qui tentent d’améliorer la vie des gens simples sont bien seuls. Elle découvre surtout que ses tentatives pour faire quelque chose de son côté son non seulement dérisoires mais aussi plus que maladroites.

Le ton est sombre, les rapports entre les êtres âpres et complexes, le désenchantement total : l’héroïne, par qui nous voyons tout cela, grandit dans la douleur…

La narration est sobre, sans trop de commentaires et laisse le lecteur se faire une idée en même temps (ou presque) que Mathilde des mystères du lieu et de la gangrène qui le ronge : les plans tantôt larges tantôt resserrés nous font voir du pays et des gens, nous embraquent efficacement avec elle et le dessin sobre et tracé à grands traits, comme les aplats de couleurs, se met au service du sens. 

Une histoire très en retard

Une histoire très en retard
Marianna Coppo
Seuil jeunesse, 2018

Cinq personnages en quête d'histoire

Par Fanny Lignon

Au commencement, il n'y avait rien et la page était blanche. Puis, cinq personnages vaguement animaloïdes apparurent qui aussitôt s'interrogèrent sur la raison de leur présence dans cet univers-là. Après analyse de la situation, ils arrivèrent à la seule conclusion possible : nous sommes dans un livre, nous attendons une histoire, et cette histoire ne vient pas. Rien donc ne se passera jusqu'à ce que le lapin rose au cartable vert, resté seul sur la page de gauche pendant que les autres cogitent sur celle de droite, déclare tout de go qu'il est ennuyeux d'attendre et se mette à dessiner. De ses crayons naîtra, page après page, un arbre maison fabuleux qui, progressivement, grandira et se peuplera d'animaux venus d'ailleurs. L'album se terminera par un
heureux épilogue, le clan des questionneurs rejoignant ce petit monde joliment coloré et les histoires qu'il abrite.

Si Une histoire très en retard est a priori un album destiné aux enfants, il est très évident qu'il est également destiné aux adultes. Ses thématiques principales, le pouvoir de l'imagination, la création artistique et littéraire, sont traitées de façon à susciter l'intérêt des uns comme des autres. Les plus jeunes seront sensibles à l'histoire de ce dessin qui devient vivant, les plus âgés apprécieront aussi le discours sur l'art du récit. Les protagonistes inventés par Marianna Coppo font écho à ce double lectorat. Les agissements de l'enfant (le lapin) et des quatre adultes offrent matière à réflexion. L'un se tait quand les autres parlent, agit quand ils ne font rien, dessine quand ils raisonnent, crée quand ils attendent de voir une œuvre...

Mais ce qui fait le charme de cet album, au-delà de ses accents becketiens, c'est la multitude de détails que recèlent les images et leur humour. Sur l'arbre que dessine le lapin, on peut cueillir une banane, un citron, une orange, une pomme, une poire, deux cerises et une grappe de raisin ! Dans la pomme s'installera un ver, qui percera deux fenêtres puis s'en ira et mettra son logement en vente. Dans le nid, un oeuf rose à pois vert dont sortira un bel oiseau vert à pois roses. Dans la cabanne suspendue, une famille de pingouins emménage tandis qu'une licorne qui passe par là change de couleur à chaque page. Cet album en définitive ne raconte pas une histoire, mais des dizaines, dont la particularité est de ne se livrer qu'à celle ou celui qui fait l'effort de regarder attentivement les images.

Une Histoire très en retard est de ces albums qui se savourent. Il permet d'apprendre à regarder, à prendre le temps, à se poser
des questions. Il permet de rêver et de s'ouvrir à la complexité du monde et des idées. Pour moi, c'est l'un des plus beaux que j'aie jamais lus.

La Chanson d’Orphée

La Chanson d’Orphée
David Almond

traduit (anglais) par Diane Ménard
Gallimard jeunesse (grand format), 2017

Grèce éternelle

Par Anne-Marie Mercier

Le mythe d’Orphée est ici parfaitement revisité : tout y est : Eurydice (qui s’appelle ici Ella) qu’il perd puis retrouve, puis perd à nouveau, les serpents meurtriers, les bacchantes, les animaux et les humains subjugués par ses chants et sa lyre. Orphée tient en partie à l’ange du Théorème de Pasolini : il séduit toutes et tous. Il incarne un rêve de bonheur infini, de beauté absolue, d’harmonie.

Mais tout cela se passe à l’époque contemporaine, au Royaume-Uni, dans le Northumberland, pays minier sinistré où les adolescents rêvent de Grèce et de soleil. Ella est en terminale et elle est depuis leur enfance l’amie très proche de Claire, la narratrice, le témoin de l’histoire. Claire raconte comment elle a fait se rencontrer les amoureux, comment Ella est morte, et ce que Orphée lui a raconté de sa descente aux enfers, tout près des égouts du lieu. Pour se faire le témoin, elle se fait chœur à l’antique et se confectionne un masque qui lui permet de proférer les décrets du destin : elle parle pour Orphée, pour dire l’indicible, l’impossible, la vérité absolue.

Le roman de David Almond est à la
fois lumineux et sombre. Lumineux comme ces vacances dans le nord, au bord de
la mer, où Claire et ses amis jouent à être en Grèce et s’enivrent de liberté,
de vin et de clarté (d’où son nom). Sombre comme le ressentiment de la foule ordinaire
contre ceux qui leur échappent, avant même le travail des bacchantes, sombre comme
l’enfer, et comme la mort, comme les pages imprimées en caractères blancs sur
fond noir à l’intérieur du roman (comme dans un roman précédent, intitulé
« Je m’appelle Mina et j’aime la nuit »). Mais le désespoir cède au
bonheur de la révélation donnée par Orphée aux humains : même après sa
disparition, le sentiment de l’harmonie universelle est là et on le retrouve
partout dans la nature, sorte d’avatar d’un autre dieu, le dieu Pan, à moins
qu’il ne soit l’incarnation de la musique.

La légende des quatre. Vol. 1 : Le clan des loups

La légende des quatre. Vol. 1 : Le clan des loups
Cassandra O’Donnell,
Flammarion jeunesse, 2018

Métamorphes au collège

Par Anne-Marie Mercier

L’idée est bonne au départ, et propose une situation intéressante : dans un monde post apocalyptique, vivent des humains retournés technologiquement et scientifiquement au moyen âge et des Yokaïs, métamorphes capables de passer de l’apparence humaine à une apparence animale, qui dépend de leur appartenance à un clan, loup, tigre, aigle ou serpent. Une guerre sanglante les a opposés entre eux et a décimé également les humains. Depuis, tous vivent dans une paix fragile, qui dépend d’un accord selon lequel les métamoprhes n’ont pas le droit de parler à une personne d’un autre clan, ni d’attaquer un humain, et les humains n’ont pas le droit d’étudier les sciences ni de fabriquer des armes.
Cela se gâte lorsqu’on s’intéresse aux personnages principaux. Ceux-ci sont issus des quatre clans, ils sont mêmes, comme par hasard, fils et filles (deux garçons, deux filles – parité parfaite et l’une a les cheveux clairs et l’autre sombres…) des chefs de ces clans, destinés à régner – et comme tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes romanesques ils sont tous très très forts, très intelligents, avec des tas d’autres qualités que normalement ils réservent à ceux de leur clan. Sous l’apparence humaine ils sont très proches d’adolescents tels qu’on les représente dans les college novels, amis fervents, pas très intéressés par les matières scolaires, et très remontés contre certains enseignants.
Au collège, métamorphes et humains sont réunis avec l’idée que cela renforcera la paix sociale et la compréhension entre les races ( évocation de notre collège ? L’auteure est française, elle signe d’un pseudonyme ). C’est ainsi que la louve a rencontré le tigre et que, malgré l’interdiction de parler à des élèves d’un autre clan, ils ont développé une amitié faite de reconnaissance et d’attirance (on devine un drame futur à la Roméo et Juliette), et c’est aussi dans le cadre scolaire que l’héritier des serpents et celle des aigles, l’un 16 ans, l’autre 12, les rencontrent. Les relations entre clans font aussi penser à des histoires de collège où souvent des élèves de différents groupes sociaux se côtoient mais ne se rencontrent pas vraiment.
Les chapitres font alterner  les différents points de vue, dosent savamment intrigue amoureuse et politique. Les phrases sont courtes et l’écriture rythmée. Enfin, il y a de l’action et du suspens : on évite une guerre entre tigres et loups grâce à la sagacité du héros tigre et on découvre un complot des humains contre les Yokaïs. Lorsque le roman s’achève, nos quatre héros sont bien isolés, face à la bêtise des adultes. Entretemps ils auront étripé (et ce n’est pas une image) quelques humains, dont leur professeur de sport.
On retrouve la veine de Stephenie Meyer, en moins cohérent et moins subtil (si, c’est possible !) dans le traitement des personnages principaux et secondaires et en cela le roman semble hésiter sur l’âge de son lecteur : les adultes sont tous bornés et les humains sont méchants et stupides, les petits enfants sont innocents et sensibles, les adolescents ombrageux et violents – et quoi qu’ils fassent ils ont raison. N’y aurait-il pas, en plus d’une paresse scénaristique, un peu de démagogie ?

Natacha Fleurot propose sur culturellement vôtre un article détaillé.

Ma Mamie en poévie

Ma Mamie en poévie
François David et Elis Wilk
CotCotCot Editions 2018

Tout est affaire de regard…

Par Michel Driol

J’ai de la chance, ma mamie, elle est poète.[…] Une merveilleuse magicienne. Tels sont les premiers et les derniers  mots de l’album. Petit à petit, le lecteur  découvre que cette poésie de la mamie est de la confusion, de la transformation de mots, bref, une maladie, Alzheimer. Mais l’album ne parle jamais de maladie.  Ce portrait, tout en bienveillance de la petite fille, livre quelques trouvailles langagières de la mamie, évoque ses conversations avec son mari, décédé, les chansons dont elle se souvient, du Temps de cerises aux Roses blanches, le sirtaki, les voyages immobiles à Venise.

Dans une langue simple, une langue qui se veut enfantine, le texte dit la tendresse et l’émerveillement de la petite fille devant cette mamie, qui s’avère une extraordinaire jongleuse avec les mots. L’ouvrage dès lors confine au merveilleux : merveilleux du regard de l’enfant, merveilleux de la grand-mère qui ne perçoit plus tout à fait le monde dans sa réalité. Là où la doxa médicale ferait voir décrépitude et perte de repère, le texte ouvre à une autre dimension, faite d’empathie, d’accompagnement dans l’imaginaire, dans la beauté de cette relation privilégiée entre les générations. Tout est transfiguré, et on passe du salon à Venise, du passé au présent, des vivants aux morts dans une espère de continuum qui donne à voir différemment le monde : ce qui est le propre de la poésie. Au lieu d’enfermer la malade dans sa solitude, le texte se fait atelier d’écriture et invite le lecteur à jouer lui-aussi avec les mots et lui propose quelques phrases à transformer.

Les illustrations d’Elis Wilk – jeune illustratrice française - utilisent différentes techniques mixtes (collage d’éléments photographiques, aplats de couleurs) et renforcent ce côté merveilleux en allant vers le surréalisme. Les couleurs vives et les formes naïves et simplifiées sont en harmonie avec le regard enfantin.

Un livre qui est loin d’être un livre médicament pour aborder avec des enfants le thème de la maladie d’Alzheimer de façon positive.

Pour en savoir plus : https://mamamieblog.wordpress.com/

 

Au Temps des Cerises

Au Temps des Cerises
France Quatrome – Elsa Oriol
Utopique 2018

C’est de ce temps-là que je garde au coeur une plaie ouverte

Par Michel Driol

Autrefois, Clotilde et sa maman se promenaient, cueillaient des cerises, jouaient ensemble. C’était avant la maladie de maman, qui lui fait mal au sein et lui fait perdre ses cheveux. Passent l’automne et l’hiver, qui semble sans fin. Au printemps, le cerisier se recouvre de bourgeons, puis de fleurs. Maman reprend des forces, elle aussi, et, avec Clotilde, va enterrer les restes du monstre au cœur de pierre. Crachant les noyaux des cerises, elles imaginent la forêt de cerisiers qu’elles verront un jour…

On le voit, le thème est sérieux et lourd, comme souvent dans les ouvrages des éditions Utopique. Comment parler aux enfants de la maladie, du cancer qui touche leurs parents, sans dramatiser, mais aussi sans édulcorer ce qu’il y a de souffrance destructrice. Cet album  parvient à la faire avec tendresse et pudeur, sans hésiter à nommer ou montrer les choses (le cancer, la perte des cheveux, la perruque, la fatigue, le dégout qu’inspire la nourriture).  Le texte sait utiliser des formes poétiques pour parler du temps passé. L’anaphore « d’habitude » et l’imparfait qui ouvrent l’album disent, à eux-seuls, la rupture dans la vie introduite par quelque chose qu’on découvrira en son temps, lorsque le texte dira l’aujourd’hui de la maladie, dans un présent qui semble sans fin, et laisse parfois la place à un conditionnel  ou un futur  qui semblent bien hypothétiques. Puis aujourd’hui laisse la place à un futur plein de promesse. Le cerisier devient comme une métaphore de la maladie et de la guérison, dans un cycle où le temps s’écoule à son rythme. Et c’est l’un des grands mérites de cet album de rendre perceptible la durée. Autre grand mérite, montrer la famille unie dans des saynètes pleines d’émotion autour de la nourriture, des attitudes du père envers la mère, de la complicité des choses qu’on peut encore faire ensemble (le yoga ou la route vers l’école).

Les illustrations en double page accompagnent à merveille ce texte : les couleurs chaudes du début, évoquant les moments passés et le bonheur, laissent place à des couleurs plus froides qui se réchaufferont à la fin. On suivra en particulier la façon dont une touche rouge dans chaque image, rappelle ce motif des cerises, tandis que la mère est presque toujours vêtue de bleu. Rien de trop dans ces images, qui suggèrent parfois plus qu’elles ne montrent, et  s’attachent sur les liens familiaux portés par les corps, les attitudes et surtout les visages pleins d’expressivité.

Un album qui est loin d’être un médicament, et qui, au travers de la parabole du cerisier, dit, avec beaucoup de retenue, dans une langue poétique, le lent chemin à parcourir vers la guérison tant espérée.

Une drôle de famille

Une drôle de famille
Piret Raud
Rouergue 2018

Loufoques Caractères

Par Michel Driol

Adam présente les membres de sa famille, dans une série de 26 portraits. Cela va de tante Sylvie au prince Pierre,  du général Charles à sa sœur Mia. Des disparus comme l’arrière-grand-père Edouard à ceux qui sont à naitre, comme le fils d’Adam. On croise des objets quasi magiques, un médaillon, le sac à main de maman… et des animaux, une mouche, un chien… Chacun de ces personnages présente une particularité qui le fait sortir de la norme : Lena, qui pour devenir championne, ne mange que des carottes e transforme en lapin. Tante Sylvie qui garde son cœur au congélateur. Papa qui devient le portrait craché de sa chienne Polla. L’oncle Cochon qui a une petite fente sur la tête. L’arbre généalogique d’Adam est moins un arbre qu’un mille pattes… qui partirait dans tous les sens.

Dans ce nouveau recueil de Piret Raud, on retrouve sa facture : une galerie de portraits, avec des personnages qui sont tous particuliers, à la limite du fantastique, et un lien particulier entre les humains et les animaux, sans que cela ait quoi que ce soit d’extraordinaire aux yeux du narrateur enfant. Il accepte sans s’étonner toutes ces différences qui font la richesse d’une famille nombreuse, les dépeint pour le plus grand plaisir du lecteur. Cet univers de pure fantaisie n’est pourtant pas dépourvu de morale, et nombre de portraits se terminent par une petite phrase qui est une leçon de vie : accepter les différences, certes, mais surtout s’accepter soi-même sans chercher à devenir autre, et découvrir à quel point certains peuvent être altruistes.

Un recueil remplir de portraits saugrenus, drôles, mais présentés avec beaucoup de tendresse et de bienveillance : de quoi donner envie d’entrer dans cette famille où, si l’on peut rire les uns des autres, c’est sans méchanceté aucune.

L’Anti- magicien

L’Anti- magicien
Sébastien de Castell
Gallimard jeunesse, 2017

Relève française en fantasy

Par Anne-Marie Mercier

Malgré son titre, cet « anti » magicien utilise bien des ressorts de la fantasy – et plus largement du roman – pour la jeunesse : un jeune héros fils d’un couple de mages puissants et respectés, un sens de l’amitié et de la famille qui le poussent à se dépasser, une foi dans la grandeur de son peuple et dans les valeurs qu’il porte, un lien fort avec un animal qui l’assiste dans ses combats, des rites initiatiques, l’apprentissage de sorts avec ses camarades et un professeur, des examens à passer, des complots, des malédictions, la rencontre avec une mage vieille de 300 ans…

Mais le roman prend aussi le contre-pied de nombreuses situations obligées : le héros échoue dans ses sorts et découvre qu’il ne sera jamais un mage puissant, peut-être pas un mage du tout, et finira au service de ses camarades plus doués ; il découvre que sa propre famille le trahit, que ses amis se détournent de lui, ou pire ; il découvre que son peuple n’a pas l’Histoire glorieuse qu’il affichait mais qu’il a au contraire le mauvais rôle dans cette Histoire, et que la vieille reine est prisonnière depuis des siècles… Enfin, l’animal mascotte a un très très mauvais caractère et est franchement insupportable avec lui, ce qui donne un trait comique à ses aventures et rend le lecteur d’autant plus attendri devant ses déboires.

La première partie du livre est passionnante : elle présente les rites de son peuple, son histoire, les efforts désespérés de Kelen pour être digne de ses ancêtres et échapper à un sort dégradant à ses yeux comme aux yeux des autres. Les relations entre les adolescents de son groupe, garçons et fille, sont complexes, évolutives. Enfin, la mystérieuse étrangère qui arrive juste au moment où le roi (« le chef de clan ») meurt et où sa succession est en jeu, comporte bien des mystères, qui ne se dévoilent que peu à peu et de manière partielle. Ses cartes – des symboles ou des figures proches d’un jeu de tarot – qu’elle élabore au fil des événements sont aussi bien des armes que des figures divinatoires… que se passera-t-il dans les prochains tomes ? Les cartes sont dans vos mains.

Retours de Montreuil pour Noël

Des idées pour mettre des livres sous le sapin?
Au salon du livre de Montreuil, nous avons vu beaucoup de merveilles : pour les tout petits, Coucou de Lucie Félix (faire coucou à un enfant à travers un livre aux formes transparentes et colorées, quelle belle idée!).

Pour les petits un peu plus grands, un album cartonné intitulé Trio, un livre qui reprend l'idée de raconter une histoire (et une belle!) avec des formes géométriques et des couleurs, paru chez un nouvel éditeur que nous avons découvert au salon et dont nous reparlerons: Dyozol. Mes petites roues, chez Flammarion évoque avec beaucoup de délicatesse, d'humour et de poésie l'émancipation d'un enfant.

Et puis, pour rêver et réfléchir, un album écrit par Georges Didi-Huberman (oui, le philosophe !), intitulé évidemment Les Lucioles, chez un autre "petit" éditeur, L'Initiale, qui avait fait le très joli Fille Garçon .

Et enfin, le coup de coeur graphique et textuel avec Les riches heures de Jacominus Gainsborough, un grand album de chez Sarbacane, beau comme un livre enluminé et profond comme le temps.

Pour les ados? eh bien regardez nos chroniques récentes : L'apprenti magicien de S. de Castell ou pour les plus âgés Gary Cook, La presqu'île empoisonnée (polar qui  se passe à Lyon) ou pour les lecteurs confirmés NIHIL...