L’Arbre et l’enfant
Jean-Luc Coudray et Régis Lejonc
Editions de l’édune 2010
Petit ou grand ?
Par Anne-Marie Mercier
Que vaut-il mieux ? être petit ? être grand ? Tout dépend de ce qu’on veut atteindre, dirait l’Alice de Carroll. Ici, c’est un arbre qui répond à l’enfant, et il est lui aussi fort sage, conduisant la fillette à la conclusion « il est donc bien d’être à la fois petite et grande… – je suis déjà petite… – Alors il ne te reste plus qu’à grandir, dit l’arbre »…
Entretemps auront été déclinés les avantages et les inconvénients de l’un et de l’autre. Les illustrations de Lejonc réussissent le tour de force d’être à la fois simples et fouillées et combinent formes stylisées et détails. Elles proposent des changements d’échelle très lisibles, des situations connues (la marchande de glaces, le sapin de Noël…), des écarts amusants. La composition de l’album montre un retour à la situation (à l’image) de départ, par un mouvement circulaire – celui par lequel la sagesse est venue à la fillette questionneuse, et au lecteur ?
Un petit album au format carré pour aborder un sujet très sérieux voire didactique, sur les risques liés aux médicaments pris avec excès. Dès le premier regard, le ton est à l’humour. Monsieur X, un rocker guetté par la calvitie, est prêt à recourir à tous les médicaments pour enrayer la chute de ses cheveux, sous l’œil railleur de son chien qui porte la voix des émotions. Chaque médicament au nom savoureux entraîne des effets secondaires ; le malheureux est pris dans une spirale infernale qui le conduit à aller chez tous les spécialistes sans succès pour revenir à son point de départ, mais en ayant accepté sa nouvelle apparence. Le dessin joue avec la ligne claire : le trait est précis frisant parfois le grotesque, ce qui confère à cet album un ton très BD, renforcé par un rythme enlevé, qu’illustre l’alternance du texte et des belles pages. Un livre moins simple qu’il n’y paraît, qui saura séduire aussi bien les petits que les plus grands.
Une petite fille en sandales, âgée de quelques saisons, s’aventure dans une prairie à la végétation luxuriante. Ce n’est pas pour les auteures le prétexte d’une exploration du monde des plantes et de leurs insectes ; ni d’un petit drame psychologique à fin heureuse, dans une veine désormais bien repérée de la littérature de jeunesse. Il y a bien de la tension, de l’étonnement, de la peur et finalement du soulagement dans ce voyage d’exploration en forêt vierge, mais l’ambition et la réussite de l’album se trouvent ailleurs.





L’objet se présente d’abord comme un grimoire : c’est un grand format, épais, en fait une boîte. Dissimulé à l’intérieur, ce « livre magique ». On ne sait qui est l’auteur de cet ouvrage étrange. Il a en tout cas un « éditeur » déclaré, José Antonio Moreno Alfonso, qui en donne le, ou plutôt les modes d’emploi.