Pompon – Herbe de rosée et autres haïkus

Pompon – Herbe de rosée et autres haïkus
Compagnie Minuscropik
Trois petits points 2022

Pompon, comme un doudou tout doux

Par Michel Driol

Dans un coffret cartonné, on trouvera d’abord un dépliant de 5 feuillets carrés, à lire recto puis verso. Sur chaque page, un haïku et son illustration. Puis on trouvera un CD dans lequel ces haïkus sont lus, chantés, avec un accompagnement musical.

Les dix haïkus – écrits par Unn – obéissent aux règles bien connues du genre : évoquer, avec brièveté, un instant particulier, au sein de la nature, et l’émerveillement qu’il suscite. On croisera ainsi des animaux (renard, coccinelle, escargots…), des végétaux (marguerite, mousse), l’eau des gouttes de rosée ou de l’étang, et une saison, l’hiver, fait de givre et de neige, au milieu d’autres saisons plus difficiles à déterminer. Ce recueil tient du bestiaire dans lequel, avec délicatesse, chaque haïku célèbre un animal au sein d’une nature riche et variée qui va de la pierre à la lune. Douceur, humour et amour s’y conjuguent pour ouvrir le regard, l’aiguiser, le diriger vers ces choses minuscules qui disent la vie, le mouvement, mais aussi le spectacle (avec les trois coups) ou la musique.

Les illustrations de Yoyo Ich font voyager à travers les couleurs qui dominent chaque page. A chaque fois, un pompon de laine, de couleur différente, y côtoie l’animal évoqué par le haïku. Les couleurs ne cherchent pas un quelconque naturalisme ou réalisme (la page de la neige n’est pas blanche) comme pour offrir une autre vision de la réalité, vision plus ouverte sur l’imaginaire et les sensations que sur le réalisme. Le réalisme poétique, c’est celui du pompon et de l’animal.

On écoutera enfin bien sûr ces haïkus sur le CD, simplement et sobrement accompagnés au violon (Gwenaelle Chouquet) et à la guitare (Peache). Chaque haïku est dit ou chanté par Unn, plusieurs fois, tandis que l’accompagnement musical très aérien et apaisant incite à la rêverie, à la contemplation, à l’écoute d’harmonies qui souvent imitent la nature ou en reprennent certains sons (bruissements d’insectes par exemple). Chaque haïku devient ainsi le centre d’une petite pièce très originale qui le sublime.

Cette création poétique de qualité s’adresse d’abord aux tout-petits, qu’elle emmène dans un voyage sensoriel au cœur de la nature. Une belle façon de réaliser leur éveil sensoriel et poétique !

 

Méditer avec les Zamizen. Apprendre les émotions en s’amusant, vol. 1

Méditer avec les Zamizen. Apprendre les émotions en s’amusant, vol. 1
Marc Singer, Stéphane Mallard, Agathe Singer (ill.), Iris Singer et Robbie Marshall (chant), etc.
Voltaire et les Zamizen, Maison Eliza, 2021

Méditer en chantant

Par Anne-Marie Mercier

Voltaire, ne rêvez pas, c’est un chat, mais un chat quasi-philosophe… Il serait plutôt du côté du Zen, comme le titre l’indique et comme le programme le montre : « ne pas se laisser déborder par les émotions, quand on est stressé, en colère, quand on a peur, quand on n’est pas d’accord avec quelqu’un, ce qui arrive à tout le monde ».
Calmer le jeu, faire une pause, travailler sur sa respiration. Rompre avec le mécontentement, être attentif à son humeur comme à la météo, s’initier à la méditation, apprendre à accueillir la nouveauté, l’autre…
Tout cela est présentés en textes et en mini BD qui mettent en scène le chat et mettent en chansons les histoires pour illustrer le thème. Elles sont présentées dans le livre, sous la forme de textes poétiques en pages de gauche et de portées musicales en page de droite : voilà de quoi aider les parents et éducateurs à accompagner aussi en musique.
Et pour ceux qui ne sauraient pas en jouer il y a le CD, ou le Qr code : tout est prévu ; on y trouve la chanson joliment accompagnée au xylophone, à la guitare, au saxo, etc.  et les paroles qui guident la méditation.

Voltaire et les Zamizen, c’est une équipe, un projet, un programme pour l’école ou la famille, une boutique (qui vend le livre et un jeu de cartes sur les émotions), un site. Leur but : « transmettre aux enfants les clés pour inventer un monde plus paisible et heureux. Un monde plus ouvert et bienveillant ».

 

Mes Comptines, 1, 2, 3 Mes Berceuses jazz

Mes Comptines, 1, 2, 3

Mes Berceuses jazz
Elsa Fouquier
Gallimard jeunesse (Mes imagiers sonores), 2021

Musique et gestes pour les petits

Par Anne-Marie Mercier

Ces deux nouveautés d’une collection qui plait beaucoup aux enfants, proche de la collection de Didier, propose l’un certains grands classiques de la culture d’enfance, l’autre des titres moins connus de ce public. Les deux livres sont des rééditions de 2016 et 2017.
Les comptines rassemblent, entre autres, « un petit pouce qui danse », « quand trois poules vont aux champs », « un petit cochon pendu au plafond », tous très présents dans le répertoire des crèches et écoles maternelles. Les chansons sont interprétées par des enfants, accompagnés de façon simple (guitare, banjo, xylophone…).
Les berceuses rassemblent des voix d’artistes connus : Ella Fitzgerald, Bing Crosby, Sarah Vaughan, Billie Holiday, Ann Richards et des berceuses célèbres, bien sûr toutes en anglais.
Selon le principe de ces collections, une pastille facilement repérable permet d’actionner le son ; les livres sont en carton fort, conçus pour résister à de nombreuses manipulations.

 

 

 

 

 

Collection Mon petit livre sonore

Mes Chants de Noël

Mes Chants de Noël
Elsa Fouquier (ill.)
Gallimard jeunesse, (mes petits imagiers sonores), 2021

Noël tradi

Par Anne-Marie Mercier

Ce petit album cartonné semble donner dans la plus grande tradition (mais l’originalité n’est pas vraiment un ingrédient pour Noël).
Cependant on trouve quelques points qui surprennent heureusement :  les airs très connus de « Petit papa Noël », « Mon beau sapin », et de « Vive le vent » sont accompagnés de ceux, plus rares, du « Noël russe » et de « Une fleur m’a dit », moins connus. Si les illustrations n’ont pour la plupart rien de très original, montrant un père Noël, des traineaux, des sapins et des petits rennes qui semblent sortis d’un dessin animé aux couleurs de Noël, elles se libèrent un peu à la fin du livre, comme si l’illustratrice, après être passée par les étapes obligées, s’était octroyé un peu d’espace.
Quant au dispositif bien connu de musiques actionnées en appuyant sur une pastille, il est renouvelé avec une double page de « cherche et trouve » où les sons et les images sont à associer.

Collection Mon petit livre sonore

Collection Mon petit livre sonore
Didier jeunesse

Jouer, écouter, feuilleter

Par Anne-Marie Mercier

Berceuses pour mon petit amour
Berceuses pour mon petit chat
Lucia Calfapietra (ill.)
Didier jeunesse, 2020

Je découvre les Comédies musicales
Je découvre le Jazz
Liuna Virardi (ill.)
Didier jeunesse, 2019

 

La collection « Mon petit livre sonore » de Didier jeunesse compte déjà près de trente titres, ouvrant les enfants à des univers sonores variés. Berceuses en différentes langues, comptines, bruitages, œuvres de musique classique (Chopin, Mozart, Beeethoven, des extraits de Casse-Noisette…), sont donnés sous formes de mini anthologies cartonnées, chaque double page proposant un bref échantillon sonore.
Toutes ces « vignettes » musicales sont déclenchées en appuyant sur une pastille argentée placée dans l’illustration, facilement repérable et ne demandant pas de dextérité ou de force particulière, donc dans un dispositif tout à fait adapté aux enfants.
On trouve sur le site de l’éditeur des échantillons de musiques et images : Berceuses pour mon petit amour et Berceuses pour mon petit chat proposent des titres bien connus (Dodo m’amour, Schlaf Kinden Schlaf, Frère Jacques, Anicouni, Go to sleep my baby, Dodo, Do l’enfant do, la minèt, C’est la cocotte blanche, Toutouig, Arroro mi nene…) et sont illustrés avec beaucoup de douceur et des motifs animaliers par Lucia  Calfapietra.

Quand ce n’est pas le moment d’aller dormir et d’écouter des berceuses dans toutes les langues, on trouve dans cette collection des livres sonores autour de styles musicaux plus toniques et a priori destinés aux adultes. Le volume consacré au Jazz permet d’entendre les voix d’Ella Fitzgerald, de Frank Sinatra, de Fats Waller, et les ensembles des Delta Rythm Boys et de Slim et Slam ; beaucoup de voix d’hommes, des airs aux rythmes rapides (le « cheek to cheek » de Sinatra faisant un peu exception). On a davantage de voix féminines dans les airs des Comédies musicales, la seule exception étant celle de Gene Kelly dans Chantons sous la pluie. Celle de Julie Andrews illustre des airs célèbres, le « Do ré mi » de La Mélodie du bonheur, « I could have danced all Night » de My Fair Lady, et on entend celle de Julie Garland dans « Over the Rainbow » du Magicien d’Oz. Les couleurs sont éclatantes et les illustrations bien reliées aux thèmes des chansons et à leur esprit. Les airs sont tous chantés en anglais; c’est aussi le cas dans le volume sur le Jazz.
Tout cela pétille et donne envie de réentendre ces airs fameux et de les entonner soi-même : chacun peut ainsi participer à sa manière, en contemplant et écoutant, feuilletant, déclenchant les airs, chantant….