Comme si

Comme si
Orit Bergman
Rouergue 2014

Dominant dominé ?

par Michel Driol

comme siAprès Plus grand que toi, voici le retour de Piou, l’oiselle, petite et malicieuse, un brin imbue d’elle-même, et de Toto, l’éléphant, gentil comme tout ! Sur la proposition de Piou, ils jouent à faire comme s’ils étaient d’autres qu’eux-mêmes. On le devine, à ce jeu adoré des enfants, chacun veut prendre le dessus sur l’autre. Et l’on passera du lièvre (Piou, bien sûr) et la tortue (Toto) à la reine du directeur du cirque dominant le marchand de glace. Mais, bien sûr, dans cette dialectique, le gentil, qui se révèle le roi de la glace, va l’emporter.

L’illustration, au graphisme épuré, met en lumière les deux personnages, met en relief leur opposition de taille. Rien de trop : les décors, souvent stylisés, et le graphisme dans l’image (dans un style très BD où seuls les personnages parlent) soulignent encore ces rapports de force mouvants.

Un bel album qui permettra de parler des rapports humains (petit/grand, fille/garçon, teigne/gentil) et du désir de puissance aux plus petits, avec des termes très simples, dans un imaginaire proche du jeu enfantin : qui n’a pas joué à « Alors je serais… et toi tu serais… »

E-machination

E-machination
Arthur Ténor

Seuil 2013

Un livre dont le jeu est le héros

par Christine Moulin

49172Arthur Ténor aime à explorer les limites entre fiction et réalité, notamment dans le registre du fantastique. Il renouvelle ici son interrogation favorite en s’inscrivant dans le genre émergent (mais émerge-t-il encore ? à force…) des romans de jeunesse consacrés aux jeux video. Comme d’habitude, pourrait-on dire, le héros (un informaticien, un geek -1-), affublé du prénom de Clotaire, se laisse séduire par une annonce commerciale qui permet d’essayer, pour trois minutes seulement, un jeu en immersion totale, évidemment « bluffant », évidemment révolutionnaire, qui donne l’illusion d’être transporté dans un autre monde. Parallèlement, l’héroïne, Lucile, prof de français (eh oui, il faut bien que la littérature soit représentée) se laisse également séduire. Malgré l’interdiction absolue de se rencontrer dans la vraie vie (encore une constante du genre), ils formeront bientôt un couple à la Marvel, « dégommant » candidement toutes sortes d’ennemis plus dangereux les uns que les autres car, et c’est là un des premiers intérêts du roman, ce qui se passe dans la réalité virtuelle déborde, en quelque sorte, dans la réalité… réelle.

A partir de ce scénario, pour mieux piéger le lecteur, l’auteur évite certains pièges. Celui de diaboliser les jeux video : certes, Arthur Ténor évoque bien l’enfer du jeu (« En vous laissant piéger par le jeu, vous avez basculé dans un monde d’où il est impossible de revenir par l’oubli ») mais il résiste à la tentation de délivrer une leçon de morale simpliste, comme le prouve le dénouement. Il refuse également de se prendre au sérieux : l’humour est constant, évoquant le second degré des comics.

Ce qui n’exclut pas une réflexion sur les timidités de l’adolescence: ce n’est pas un hasard si Lucile fait étudier Cyrano de Bergerac à ses élèves de Troisième car le thème de la laideur, du masque qui colle à la peau traverse tout le roman, modernisé en avatar.

Enfin, Arthur Ténor, habile prestidigitateur, comme il aime à le faire, joue sur les mises en abyme et en profite pour « glisser » quelques définitions bien senties de la littérature, à moins que ce ne soit du jeu video (et cette assimilation même est bienvenue), comme « pouvoir d’agir sur le réel par l’intermédiaire de chimères qui ne devraient exister que dans notre imagination ».

Bref, voilà un roman qui cesse de dresser les unes contre les autres les différentes manifestations de la culture et qui, à travers un jeu sur le jeu fait de la lecture un jeu. Même si le propos n’est pas neuf (et c’est ce qui est un peu décevant), même s’il n’est pas totalement abouti (les allusions à la culture geek restent superficielles), le traitement est habile et prenant.

(1) : note de bas de page en forme de « SPOIL » : comment se fait-il qu’un geek n’ait pas été alerté par le nom de Ghoster?

Jonah, vol. 1, les sentinelles

Jonah, vol. 1, les sentinelles
Taï-Marc Le Thanh
Didier Jeunesse, 2013

Chasse à l’enfant- bonheur

par Anne-Marie Mercier

jonah1Comme beaucoup de héros de romans pour adolescents, Jonah est orphelin, de parents inconnus. Il a en plus la caractéristique d’être né sans mains. Cela pourrait faire de lui un personnage plein de tristesse et c’est tout le contraire. Ici, le roman ne se contente pas de délivrer la rassurante théorie de la résilience et de l’espoir mis à portée de tous mais propose un développement fantastique (ou fantaisiste) intéressant : à la place de ces deux mains, de petites excroissances se sont formées de chaque côté du cerveau de Jonah, comme de toutes petites mains. Elles le massent, orientent ses pensées dans une direction positive, le maintiennent dans la joie, le conseillent parfois. Si Jonah les entend rarement, les deux voix, appelées voix A et voix B, conversent entre elles dans des dialogues très réjouissants, et lui procurent un don qui se révélera sans doute très utile dans les volumes suivants.
Mais pour l’heure, dans ce premier tome, ce don lui apporte surtout des ennuis car il est traqué par une mystérieuse organisation qui surveille les naissances d’enfants étranges pour emprisonner ceux qui lui semblent intéressants. L’enlèvement de Jonah provoque de multiples péripéties, mobilise ses amis de l’orphelinat qui partent à sa recherche, le directeur de l’institution, qui a été transformé par la présence heureuse du héros, et jusqu’au mystérieux jardinier psychopathe et misanthrope, touché par la grâce grâce à cet enfant.
Et ce livre est effectivement porté par une certaine grâce, un goût du bonheur qui rend les menaces d’autant plus inquiétantes. De roman social optimiste, dans lequel un orphelin handicapé transforme un lieu et des personnes sinistres en instruments du bonheur, le texte se transforme en thriller efficace et original à de nombreux égards. Que la nature soit la principale force acharnée à détruire le héros en est une marque  intéressante : on sait combien le discours écologique mou est en vogue actuellement dans ce secteur éditorial.
L’écriture est d’une grande plasticité, tantôt enjouée, tantôt nerveuse, et porte parfaitement les différents aspects du récit. Le texte ignore tout ce qui pourrait être fioritures ou remplissage et se concentre sur les détails significatifs, les dialogues savoureux, et une composition impeccable.
Le lecteur ne peut qu’attendre impatiemment la suite…

waf & waf

Waf & waf
José Parrondo

Editions du Rouergue, 2014

Histoires sans paroles

Par Michel Driol

wafDans cet album sans texte, Waf et Waf sont un bonhomme-chapeau et son chien, dont on suit les aventures absurdes et fantaisistes d’une page à l’autre.

Chaque page est conçue comme un strip de quelques vignettes, tendues vers une chute surprenante  et cocasse souvent, pleine d’humour. Le monde s’y désagrège à loisir, une barrière masquant en fait un paysage  morcelé. Du miroir sort un double avec lequel on prend plaisir à jouer. Certains éléments sont récurrents, comme ce petit train qui circule parfois, abandonnant ses passagers au  pied d’une montagne, lorsqu’on découvre que les rails sont en fait une échelle, ou ce bus, interdit aux chien. Les bandes des passages cloutés deviennent des pièges redoutables. L’auteur – avec, dit-il, la complicité pour certaines pages d’Anne Herbauts – nous livre un univers qui n’obéit qu’à ses propres lois.
Si certaines pages se laissent appréhender facilement, d’autres demandent au lecteur un effort d’observation et de compréhension pour trouver ce qui a été déréglé dans l’univers.

Un album burlesque dans lequel le monde n’arrête pas de se métamorphoser.  Et c’est bien réjouissant !

Lune Mauve. Tome 3 : L’affranchie

Lune Mauve. Tome 3 : L’affranchie
Marilou Aznar

Casterman, 2014

@psychotiquetweets

Par Matthieu Freyheit

lunemauve3Troisième tome de la tétralogie (voir les chroniques des tome 2 et tome 1). Séléné a quitté Viridan et un mariage imposé par des sardines magiques (ou quelque chose comme ça) messagères d’Isthar. Le retour à Darcourt signe le retour des personnages auxquels le lecteur s’est attaché. L’auteure assume elle-même ses préférences en éclipsant quelques figures moins percutantes (on pense à l’excentrique Rimbaud), tandis qu’elle donne une épaisseur nouvelle à Alexia, définitivement très réussie, ou à Thomas, dont la relation avec Séléné capte très bien l’intérêt.

Il reste que le titre de ce troisième volume est trompeur : Marilou Aznar nous rappelle que Séléné s’affranchit de Viridan à la fin du deuxième tome, sans nous laisser anticiper que c’est d’un autre monde que l’héroïne s’affranchit au terme du troisième. C’est donc très bien joué. Entre ces deux moments de tension et de passage d’un monde vers un autre, d’une existence vers une autre, Séléné (dite « la Sigismonstre », il faut dire que c’est plutôt amusant et bien trouvé) tente de reprendre le cours de sa vie, sans voir que malgré elle tout concourt à la ramener à ce qu’elle a jusque là cherché à quitter. Mais la machinerie est en route : quête d’un objet destructeur, manipulations diverses, rencontres étranges, meurtres non élucidés. Ajoutez à cela un voyage au Japon, et l’aventure est complète. Parallèlement, si l’on retrouve au début du volume un peu de l’humour développé dans le premier, la tension prend peu à peu le dessus, soulignant l’impossibilité pour l’héroïne d’échapper à son ‘destin’. Un thème vu et revu, c’est vrai, qui ne semble peut-être pas révolutionner le roman adolescent. Mais enfin, ce n’est pas ce que l’on demande nécessairement. L’écriture de Marilou Aznar n’est pas seulement efficace mais intelligente, prenant le pouls discret des différents usages qui peuvent être faits des réseaux sociaux (loin des clichés dans le cas des psychotiquetweets d’Alexia), tandis qu’elle parvient tout à la fois à prendre le rythme de l’aventure et celui de l’aventure amoureuse. Une série à défendre et à lire, dont il n’y a qu’à attendre le dernier volume.

Thésée et le fil d’Ariane

Thésée et le fil d’Ariane
Adapt. Hélène Kerillis, ill. Grégoire Vallancien
Hatier, 2013

Impasses de l’« adaptation »

Par Dominique Perrin

thésLa collection « Premières lectures » des éditions Hatier propose d’emmener les jeunes lecteurs-déchiffreurs de leurs « balbutiements » (le substantif n’étant pas des plus heureux) vers « de vrais petits romans, nourris de vocabulaire et de structures langagières plus élaborées »… Au côté d’autres ouvrages visant à constituer une « première mythologie », Thésée et le fil d’Ariane relève de cette classe d’ouvrages – baptisée « Je suis fier de lire ».
L’aventureuse relation de Thésée et d’Ariane, médiatisée par un « fil » devenu lieu-commun langagier, constitue un principe intéressant de découpage. Mais la mythologie est-elle soluble dans le concept de « vrai petit roman » ?

Le lecteur en herbe apprend d’abord – en guise de mise en place du temps mythologique – qu’« Egée n’a pas dormi de la nuit », et tremble d’annoncer aux athéniens l’injonction envoyée par le roi Minos de livrer sept jeunes filles et autant de garçons à « un monstre, le Minotaure », sous peine de destruction de la cité. Quid du passif des relations entre Egée et Minos, l’un ayant permis la mort du fils de l’autre lors d’une tragique invitation ? Quid du caractère récurrent du châtiment – tous les neuf ans – lors du retour déjà haut en couleurs du jeune Thésée dans la cité de son père ? Détails que tout cela, et trop de mots à décoder pour le « lecteur fier de lire » destinataire de la collection ? …Mais à ce compte-ci, pourquoi ne pas lui faire grâce des froncements de sourcils de Thésée devant l’attitude inattendue d’Ariane, et des problèmes de sommeil d’Egée ?
Thésée ne sera ici que le valeureux héros prêt à partir en lutte contre un despote, avec en tête un « plan » (assez mince toutefois, du type « restons groupés »). Le Minotaure n’incarnera pas explicitement, on s’en doute, la rencontre fascinante d’un corps humain et d’une tête animale, mais un avatar du « monstre sauvage et brutal » qu’on abat sans songerie. Ne parlons pas de ces autres marqueurs de la complexité humaine, et des histoires qu’elle engendra naguère : l’attitude ultérieure de Thésée vis-à-vis d’Ariane, ou son oubli tragique de hisser la voile blanche lors d’un retour pas si triomphal que cela.

Conserver un minimum des nœuds qui font de la mythologie une initiation sans équivalent à la condition humaine aurait pourtant pour vertu de confirmer les jeunes lecteurs dans l’intuition précieuse qu’il y a des choses pour eux dans le patrimoine littéraire – et autoriserait le déploiement et l’intégration des « structures langagières plus élaborées » invoquées à l’appui de la collection…

 

Voici un oeuf

Voici un œuf
Cédric Ramadier & Vincent Bourgeau
L’école des loisirs (loulou & cie), 2013

Un album en jaune et blanc (et orange…)

Par Michel Driol

voiciunoeufUn album cartonné, donc apriori destiné aux plus petits.
Qui est le premier, de l’œuf ou de la poule ? Ici, c’est l’œuf qui va se métamorphoser, de façon amusante, en poule, après plusieurs essais d’ajouts successifs (queue de dragon, ailes de vautour…) avant que la poule ne ponde un œuf… et l’histoire est prête à recommencer.
Un album « minimaliste » : un texte bref et efficace, qui semble donner des ordres au graphisme (Ajoutez une queue… Oh non, pas celle-là), et un graphisme épuré (fond de terre orange foncé, fond de ciel orange clair se répétant de page en page, sur lesquels change l’œuf, presque à la façon d’un flip book, ).
Un album sympathique, qui permettra aux plus jeunes de retrouver des figures connues (le cochon, le paon grâce  à leurs attributs), et de jouer à une histoire sans fin, celle de la vie.

Ligne 135

Ligne 135
Germano Zullo, Albertine
La Joie de lire, 2013

Espace-temps

Par Anne-Marie Mercier

Ligne 135L’espace, le temps, deux notions à la fois normées relatives, sont explorés dans cet album avec beaucoup de simplicité et de richesse. Une enfant voyage en monorail (japonais) entre le lieu où elle habite, la ville, et celui où réside sa grand-mère, la campagne. C’est un voyage.

Le paysage s’étire sur un format très allongé, tracé à la plume ; seul le train est coloré et il l’est avec des couleurs qui claquent : jaune fluo, orange, vert. II montre divers états de la ville, de la zone, de la vraie et de la fausse campagne ; des architectures réalistes ou biscornues, des animaux étranges, jalonnent un parcours qui frise parfois l’impossible. Le texte évoque les discours des adultes sur le monde qui serait trop vaste pour un enfant, sur le temps qui s’écoulerait de plus en plus vite, sur la vie insaisissable…

A quoi l’enfant répond par la puissance du désir et de l’imaginaire.

14-18. Une minute de silence

14-18. Une minute de silence pour nos arrière-grands-pères courageux
Dedieu
Seuil, 2014

Indicible – visible ?

Par Anne-Marie Mercier

14-18Les albums peuvent être supports de textes mais aussi de silences, c’est ce que prouve admirablement cet album de Dedieu dédié à la « grande guerre ». Une première phrase l’ouvre, d’une écriture tremblée : « Hélas ma chère Adèle, il n’y a plus de mots pour décrire ce que je vis ». Une lettre le clôt, la réponse d’Adéle à son mari, d’une écriture serrée,  souple et élégante, pliée en quatre dans une petite enveloppe collée sur la troisième de couverture. Entre les deux, un album sans texte ni narration, en très grand format – on ne s’en « saisit » pas facilement, au propre comme au figuré – des images au pastel sépia, dont le contour blanc imite ceux de la photographie ancienne. On est de fait dans un entre-deux, mi documentaire mi-artistique.

Ces doubles pages montrent l’horreur de la guerre, la fuite des humains et des animaux, la destruction générale, un monde sens dessus dessous. Pas de récit qui mette à distance, pas de mots qui permettent une prise. Pas d’humanité autre que fracassée, jusqu’à la lettre finale qu’on n’ouvrira peut-être pas. Des portraits crayonnés et de la photo rassurante du poilu  souriant  du début jusqu’aux aux portraits cauchemardesques de « gueules cassées » de la fin, en passant par le gros plan d’un pou, ou des images d’assaut et de blessures à mort, l’album réussit le pari de décrire l’indicible, un peu à la façon des encres de Goya, « les désastres de la guerre ». Autant dire que ce spectacle fait violence au regardeur.

La lettre de la fin complète ce tableau avec les difficultés des familles qui voient revenir les blessés, font face au quotidien, aux travaux des champs devenus encore plus difficile sans la présence des hommes, attendent le retour des aimés, en espérant qu’ils feront partie des chanceux. Oui, il leur a fallu du courage, aux hommes et aux femmes qui ont vécu ce long temps de guerre. Et au lecteur, il en faudra aussi un peu…

Autant le dire nettement, au risque de fâcher certains: il ne semble pas pertinent de proposer cet album (et, si on y tient, surtout pas sans précautions) à de  jeunes lecteurs et même à des lecteurs pas forcément jeunes qui n’auraient pas envie d’affronter certaines images. Il est superbe, vrai. Justement. C’est une oeuvre d’artiste, qui dit bien quelle place l’album pourrait tenir aussi chez les moins jeunes : montrer ce que les mots peinent à dire, interroger sur le pouvoir des images et connaître ce que chacun peut/veut voir et savoir, faire oeuvre.

 

 

 

Nina Volkovitch (vol. 1 : la lignée)

Nina Volkovitch (vol. 1 : la lignée)
Carol Trébor
Gulf Stream, 2012

Série russe

Par Anne-Marie Mercier

Si l’extérieur (superbe couverture, avec effets de brillance et de reliefs discrets) est original, l’intérieur dans un premier temps déçoit : une orpheline (ou presque), un héritage de supers pouvoirs qu’elle découvre peu à peu, des rencontres et de belles solidarité avec des enfants des rues… Tout cela n’est pas très nouveau, mais Carol Trébor a choisi un cadre original (la Russie stalinienne) et un ton qui n’exclut pas la gravité et la dureté (une scène de viol elliptique mais désignée comme telle). Tout cela sur fond d’anti stalinisme ou anti jdanovisme si l’on veut être plus exact, la question de la place l’art étant présentée comme centrale

Le récit met un peu de temps à s’installer, avec une technique de points de vue un peu flottante, mais une fois lancée, l’intrigue part vite, comme l’héroïne qui court tout au long des dernières pages : jusqu’où ira-t-elle ?