Red code, la brigade des fous

Red code, la brigade des fous      
Philip Le Roy
Rageot Thriller 2013

  Catalogue et liste

Par Maryse Vuillermet

 

 

 

cvt_La-brigade-des-fous--Red-Code_2696 imageJ’ai beaucoup de mal à accrocher à ce policier, le deuxième de la série  Red code après Blackzone.  Pour moi, le procédé est trop visible : six jeunes  choisis pour leurs qualités exceptionnelles mais aussi pour leur handicap,  un autiste savant,  une bipolaire séductrice, une hyperactive championne d’arts martiaux,  une dépressive insensible au danger, un addict aux jeux vidéo, et un trisomique  exceptionnellement musclé sont entraînés dans un camp appelé La Citadelle pour mener des enquêtes dangereuses et classées secrète.  Dans ce cas, il s’agit d’infiltrer un réseau de jeunes terroristes afghans. Ils sont adolescents  et lycéens. Il s’agît donc pour nos six détectives de s’inscrire dans leurs lycées,  de s’en faire des amis et de les arrêter avant qu’ils ne fassent pas exploser le centre atomique ITER. Mais le réseau  qui les a amenés en France est aussi un réseau de  vente d’êtres humains, de prostituées, les méchants sont aussi des adeptes de l’extraction des gaz de schiste, enfin, ils présentent eux aussi un catalogue de perversités.

Je dis liste, car à chacune des sorties du camp,  les six agents  s’adonnent a une liste complète de coups  et tortures, d’exactions en tous genres, explosions, destructions de bus,  de voitures,  d’immeubles, enfin, tout ce qu’il est possible de faire sans tuer vraiment. Les personnages  ont à la fois des talents exceptionnels et  sont des malades qui pourraient être à nouveaux enfermés à tout moment. On devrait s’attacher à eux, mais ils sont trop caricaturaux. Dans ce style, j’ai préféré Les infiltrés ou A comme association de Bottero.

Yukonstyle

Yukonstyle
Sarah Berthiaume

Éditions Théâtrales, 2013

Larger than life

Par Matthieu Freyheit

yukonstyleIls sont nombreux que le Yukon fascine, avec sa devise sur démesure. Ils sont moins nombreux qui trouvent les mots pour le dire, le traduire, dans ses espaces et ses violences. Sarah Berthiaume est de ceux-là, qui avec Yukonstyle donne au média de l’espace qu’est le théâtre de se pencher sur ce personnage-espace qu’est le Yukon. Huis-clos élémental entre le ciel et la terre, Yukonstyle met en scène quatre personnages polarisés par les puissances d’un territoire immense où la vie suit le cours qu’elle peut. Ni plus, ni moins. Yuko, l’émigrée japonaise. Garin, dont la mère disparue est une indienne. Kate, venue de l’autre versant du Canada se perdre – ou perdre quelque chose d’elle – dans le Yukon. Dad’s, père de Garin, malade et porté sur la bouteille. Une pièce courte, aussi fulgurante qu’éphémère, où tout naît et s’achève « dans la nuit cassante du Yukon ».

Théâtre ? Sans doute. Roman ? Peut-être. Poésie ? Certainement ! Yukonstyle a bien des personnages. Des dialogues. Des scènes et des décors, et quelques didascalies. Mais c’est avant tout une belle litanie récitée en hommage au sol auquel l’auteure offre son titre. Théâtre d’images littéraires, la pièce porte en elle les récits de London et de Curwood, les poésies de Robert William Service, tout en trouvant sa propre langue. Anglais québéquicisé ou québécois anglicisé, le langage de Sarah Berthiaume est tout à la fois profond et drôle, tragique et futile et, surtout, surtout, terriblement et désespérément beau. Apte à traduire les colères muettes de Yuko. Les colères aveugles de Garin. Les colères sourdes de Kate. Les colères hallucinées de Dad’s. Apte à traduire les forces en présence, ancestrales : celles du vent et du froid, celles du ciel et de la terre, celles du mystère et du chamanisme.

Une belle manière enfin, pour les enseignants, d’aborder une culture canadienne trop souvent oubliée. Singularités linguistiques, diversités culturelles, richesse du sentiment géographique, fascinations historiques des grands mythes, tout figure en palimpseste dans cette courte pièce où les bisons ne passent pas, mais leurs sabots résonnent.

La pièce a tourné en France au printemps 2013

 

Les Folles Aventures d’Eulalie de Potimaron, vol. 4

Les Folles Aventures d’Eulalie de Potimaron, vol. 4 : L’amazone de mademoiselle
Anne-Sophie Silvestre
Flammarion, 2013

Amour de l’Histoire – l’amour impossible des princes et princesses

Par Anne-Marie Mercier

Potimaron4L’amazone de mademoiselleRevoilà la charmante Eulalie, son lapin et son cheval. Mais cette concession faite aux plus jeunes lecteurs n’empêche pas l’héroïne de grandir, et ses soucis avec elle. Eulalie est en danger, se bat, se cache, Eulalie est amoureuse en secret. Autour d’elle, ses amis ne sont qu’innocence et fraîcheur. Le futur Régent, Philippe d’Orléans, est jeune et vertueux, l’abbé Dubois est un conseiller avisé, et le Dauphin n’est pas encore confit en dévotion… joli temps de l’enfance – ou de la fiction.

Mais toutes ces aventures, menées à un rythme soutenu mais sans précipitation, se déroulent dans un cadre historique qui n’est pas un pur prétexte comme c’est souvent le cas dans le roman historique pour les jeunes : Eulalie est au service de Marie Louise d’Orléans,  fille de Monsieur, le frère du roi. Marie Louise aime son cousin Louis, le Dauphin. Las ! tous deux sont destinés à faire des mariages politiques et le roman retrace leurs espoirs, échecs, et le sort peu enviable des princesses sous l’ancien régime, ventres à vendre et à échanger. De quoi faire méditer les adolescentes et adolescents qui rêveraient de grandeur…

51Dm8Sc912L._SY445_Le très beau roman de Chantal Thomas paru cette année également, L’Echange des princesses, évoque un autre échange franco-espagnol calamiteux, et d’autres jeunes cœurs brisés, la coïncidence est intéressante. On se demande comment Anne-Sophie Silvestre arrivera à se tirer de la suite, fort sombre, et peu adaptée au jeune public : mariée à 17 ans à Charles II d’Espagne, prince aimant mais disgracieux et taré, la pauvre Marie Louise connaîtra bien des malheurs. Mais dans la fiction Eulalie veille : saura-t-elle alléger les chagrins de l’infortunée princesse et échapper à ses propres ennemis ? La suite, parue récemment, nous le dira !

Toc toc toc

Toc toc toc
Anne Herbauts

Casterman (les albums), 2011

Anne Herbauts pour tout petits : la poésie à portée de pensée

par Sophie Genin

toctoctocCet album cartonné en forme de maison invite les très jeunes lecteurs à découvrir ce qui se cache derrière les portes : le quotidien mais vu à travers la poésie dont fait toujours preuve Anne Herbauts. En effet, des dessins mais aussi des collages se font suite, faisant appel non pas aux souvenirs mais à l’imagination de l’enfant qui va tour à tour croiser des paires de chaussures mais ne serait-ce pas une araignée, là dans le coin ?

Viendront ensuite de nouveaux rangements : tous les outils utiles pour faire le ménage mais oh ! Une mouche !, une coccinelle sur la porte du frigo et, derrière, les aliments rangés sur leurs étagères, des canards peints sur un bol dans le vaisselier, un chat caché dans des bouts de tissus et autres dentelles et, là, une souris !

La fin, ouverte, comme le reste de l’ouvrage, presque sans texte, à part la ritournelle « tot toc toc » appelant à tourner des portes visuellement très variées, présente un papillon qui s’envole, la porte se transformant tout à coup en fenêtre, comme une invitation à un nouvel inventaire, une nouvelle aventure, mais au-dehors cette fois-ci !

La Marque des anges, vol 2 : Revenante

La Marque des anges, vol 2 : Revenante
Laini Taylor
Traduit (états unis) par Anne Krief
Flammarion, 2013

Roméo au pays des monstres

Par Yann Leblanc

Lamarquedesanges2Le titre français de cette suite à Fille des Chimères (Daughter of smoke and bone) est comme le précédent un peu terne par rapport à l’original : « Days of blood and startlight ». On n’est pas du tout ici dans une histoire de fantômes mais au cœur de l’intrigue du précédent, dans la guerre entre anges et « démons », les premiers n’ayant de la nature « angélique » que la superbe apparence et les ailes, les seconds n’ayant de démoniaque que leur nature de chimères, c’est-à-dire leur corps hybride, mi humain-mi animal ou composé de différents animaux, ou fabriqué à partir de cadavres. La sauvagerie est partagée par les deux camps et le livre est sanglant.

Dans le monde d’Eretz où les combats se déroulent, les chimères sont proches de l’anéantissement, un peu à cause de l’héroïne, Karou, amoureuse d’un ange. Culpabilité, malentendus, terreur et souffrance l’accompagnent. Quant à l’ange, toujours décidé à tenter de faire régner la paix, il doit assister impuissant – et parfois participer – à de nombreux massacres. Cette ambiance morbide est contrebalancée par l’apparition inattendue de deux amis humains de Karou, issus de sa vie d’avant, qui mettent un peu de légèreté à l’ensemble. Mais ce n’est que très provisoirement car à la fin du livre, si tout semble encore possible, même l’amour, l’armée des anges arrive sur terre… pour le combat final du troisième volume qui paraitra bientôt (voir le blog de l’auteur).

Il est en fait difficile de résumer ce livre tant son charme réside dans de petites choses : ambiances (beaucoup de descriptions), sensations, émotions, inventivité, art du suspens, contrastes entre humanité et cruauté, horreur et éblouissement.

 

 

Paysageux. Une image peut en cacher une autre

Paysageux. Une image peut en cacher une autre
Henri Galeron
(Les Grandes personnes), 2012

Jeux intemporels

Par Anne-Marie Mercier

paysageuxCe grand album cartonné ne comporte que sept doubles pages mais demande une lecture longue et attentive. Il est construit sur le principe des objets cachés dans l’image (à la manière de certaines assiettes anciennes), du jeu des sept erreurs, ou des perspectives impossibles à la Escher.

Les images, dans le pur style Galeron, c’est-à-dire belles, précises, aux couleurs délicates, sont un enchantement par elles-mêmes. Quant à la recherche, elle est très graduée : certaines éléments sont faciles à trouver, tandis que d’autres demanderont au lecteur un long temps d’observation : c’est une école du regard en soi, qui prouve que si on y met le temps, on voit ce qu’on ne pouvait voir… En cas de difficulté,  on peut  prendre conseil dans la dernière page – j’avoue y avoir eu recours pour la dernière image : le chasseur est coton à trouver !

Le principe de l’album sans texte (ou presque) associé à une recherche le rend accessible et intéressant pour tous les âges tandis que sa solidité le destine à être un objet que l’on lit et relit, que l’on transmet, qui fait le lien entre les générations… Un cadeau idéal  ?

Henri Galeron a publié récemment aux grandes personnes d’autres grands albums d’images surprenantes : Le Chacheur (46 cmx11 de haut… texte de Bernard Azimuth), Monsieur (pour les amateurs de chats) texte de Marie-Ange Guillaume) et Chacun son tour (le monde à l’envers, texte de Gilbert Lafaille), et chez Motus Les bêtes curieuses (texte de François David), tous magnifiques et inépuisables.

Voir pour plus de détails un article sur le Blog de LU Cie & Co

 

 

 

demanderl’impossible.com

demanderl’impossible.com
Irène Cohen-Janca

Rouergue, 2012

Révolutions muettes

Par Matthieu Freyheit

demanderl’impossible.comMuettes, comme les nombreux silences qui tissent ce roman nourri de non-dits et de dialogues en creux. Voilà un livre plutôt subtil qui mérite de s’y arrêter et de passer un premier malaise : car c’est bien un malaise, et non de l’ennui. Mais cela, il faut le découvrir, comme on découvre peu à peu tout ce qui, dans la vie d’Antonin, va de travers.

Antonin a quelque chose du loser : c’est en ces termes en tout cas qu’il se présente au lecteur. Loser, il n’a cependant que le sentiment de l’être. En réalité, c’est un adolescent comme les autres, et c’est peut-être ce qui pose problème. Car Antonin se réfère parfois malgré lui aux idées de son oncle Max, celles de mai 68. Là, ça y est, vous avez compris le titre. Mai 68 ? Il était temps, c’est vrai, qu’on roman intelligent y revienne. Car mai 68, il y a ceux qui l’ont vécu, et il y a les autres. Entre les deux, un fossé, un on-ne-sait-quoi d’inexplicable. Et pourtant, c’est bien mai 68 qui, de ses relents libertaires, gangrène l’existence d’Antonin et celle de sa famille. Ce qui ne va pas ? Mai 68, qui fait penser à Antonin qu’il n’est peut-être pas à la hauteur. Et la grande révolution étudiante de donner naissance à de muettes révolutions familiales, et personnelles.

Au départ, rien que de très normal. Antonin va au lycée. Il sort avec Léa. Se sépare de Léa. Sa sœur, parfaite (ou presque), est la première à introduire le bouleversement dans la famille. Sa mère, parfaite (ou presque, bis), nie le réel jusqu’à ce qu’il s’impose violemment à elle. Son père… RAS. Et sur le trottoir en face de la maison, ce sans abri qui s’est installé et qui intrigue tant Antonin. Antonin qui, dans une belle sensibilité, comprend et nous fait comprendre les maux et les silences, et qui devant l’écran de son ordinateur jouit d’autres formes de révolutions : sur le web, l’existence fait jour, le rêve se poursuit, et le réel des sentiments s’impose bien plus que dans un quotidien désespérément tacite. Il faut en passer par là pour que les mots surgissent, et que la vie reprenne ses droits. Pour que l’anorexie de sa sœur soit enfin chose dite, et que la tristesse de sa mère soit chose du passé. Pour balayer l’ombre de mai 68, et bâtir des rêves nouveaux.

Manquer la joie, c’est manquer tout, écrit Stevenson. C’est le fond du discours délicatement mené par Irène Cohen-Janca, qui derrière quelques lieux communs parvient à tisser une trame d’une belle finesse. Et de rappeler que si l’on nous parle sans cesse de révolutions technologiques, notre temps connaît aussi des révolutions de sensibilité, plus discrètes mais peut-être plus profondes.

La Nuit du Nécromancien

La Nuit du NécromancienUn Livre dont vous êtes le héros
Steve Jackson et Ian Livingstone

Traduit (anglais) par C. Degolf
Gallimard Jeunesse (Défis fantastiques), 2012 [1982]

Petit dictionnaire (lassant) des synonymes

Par Matthieu Freyheit

LaNuitduNecromancienLa Nuit du Nécromancien (tout un programme) a l’originalité de vous faire mourir très vite. Non, je ne viens pas de ruiner le suspens, puisque l’un des ressorts de ce volume concerne la possibilité de regagner votre enveloppe charnelle. En attendant, profitez de vos heures comme spectre pour voler dans les airs ou prendre possession du corps d’un autre. Petit topo : après avoir gagné une bataille contre les seigneurs des ténèbres (ils sont de tous les mauvais coups), vous rentrez en votre pays, fier de votre victoire sur les loups-garous et autres vierges des sépulcres (???). Votre joie est de courte durée puisque, sur le point d’arriver, une embuscade vous fait affronter un sinistre Disciple de la mort (dans les LDVEH, on ne lésine pas sur le champ lexical de la mort et de la démonologie). Résultat : vous voilà spectre. Et l’aventure commence.

C’est vrai : les Livres dont vous êtes le héros ne manquent pas de clichés. Allons plus loin : ils les accumulent, de manière parfois malheureuse. La Nuit du Nécromancien va peut-être trop loin dans l’usage des créatures ténébreuses et des adjectifs perpétuellement adjoints à toutes choses. Jusqu’à votre épée (magique, bien sûr) qui porte le doux nom de Fléau de la Nuit. FLÉAU DE LA NUIT. Rien que ça. À la multiplication des qualificatifs, le livre ajoute une multiplication des combats. Pour les habitués des jeux vidéos qui ont hurlé de se trouver projetés dans une arène de combat tous les trois pas, la sensation est ici un peu la même. Araignées de la mort, roi des ombres, faucheurs d’âmes, goule putride, chevaliers de la terreur, ‘putrescent’ (oui, simplement ‘putrescent’) et j’en passe, tout y est, de manière un peu lassante. Une curiosité quand même au détour de votre route : une apparition toute gandalfienne qui, bâton à la main, empêche l’accès d’un pont et vous assène fièrement : « Aucun spectre ne peut passer ici ». Ça vous rappelle quelque chose ?

Vous l’aurez compris, il s’agit bien pour une fois de mettre en avant les limites d’un genre basé sur l’incomplétude et sur une esthétique sans doute trop assumée et donc limitée pour être pérenne. L’incomplétude du personnage demeure sans doute l’une des plus fondamentales. Le plaisir d’entrer dans la peau d’un chevalier ou d’un mage n’est pas remis en question, mais peut être empêché en grande partie par l’absence d’investissement de ces figures. La lecture du LDVEH en appelle à une mémoire concrète matérialisée par notre feuille de route. Elle évacue, en revanche, la mémoire affective qui permettrait une adhésion plus profonde au système mis en place. Il n’est pas étonnant à ce titre que ces livres n’aient pas dépassé la fin des années 1980, balayés par les jeux vidéos qui ont peu à peu permis, précisément, d’offrir à la fois l’espace du choix et celui de l’affect (les fans gardent à l’esprit l’exemple de Final Fantasy VII). Art sans mémoire parce que privé de sentiments (et souvent – cela est évidemment lié – de style), le LDVEH se lit et s’oublie comme s’oublient le nom de leurs auteurs, hormis aujourd’hui dans un cercle d’internautes nostalgiques qui font de ces livres des objets de collection. Formulons à nouveau le vœu exprimé dans une notice déjà consacrée au LDVEH : il serait heureux qu’un auteur doué d’imagination et de style s’empare des richesses techniques offertes par ce genre, et fasse ainsi la démonstration de sa valeur critique. Même si, il faut bien l’avouer, la nostalgie a ses délices.

 

Mon Arbre à secrets

Mon Arbre à secrets
Olivier Ka et Martine Perrin
(Les grandes personnes), 2013

Trésors cachés

Par Anne-Marie Mercier

Mon Arbre à secretsPour les retardataires, ceux qui se diraient le 24 décembre à 15h : « nom d’un Père Noël ! qu’offrir à telle personne de 7 à 107 ans, que je vois ce soir/demain ? »

Réponse de Li&je : une autre petite merveille des éditions (Les grandes personnes), ce petit livre cartonné aux pages tantôt en fort papier tantôt en calque, tantôt en une seule dimension, tantôt en pop up bruissant, ou avec des tirettes, une merveille d’animation.

Quant au contenu, c’est de la poésie simple et pure : un arbre, un enfant, des secrets et tout ce que l’on peut mettre autour, oiseaux et mots. Jeu d’emboitements, dMon Arbre à secrets2e rabats : le secret n’est-il pas ce que l’on range précieusement et voile et dévoile ? A savourer…

Allez, c’est jour de fête, je mets une deuxième image. Et « bon solstice! » comme dirait Dominique !

Fugueuses

Fugueuses    
Sylvie Deshors
Rouergue, Doado, 2013

 Très politiquement incorrect!

Par Maryse Vuillermet

fugueuses imageCe roman est un éloge de la fugue,  de la résistance passive  ou active contre le pouvoir et ses représentants, les CRS. Deux jeunes filles,  mal dans leur vie et leur famille,  décident de fuguer en début d’hiver. Elles rejoignent le camp des opposants à un aéroport,  quelque part en Vendée. Là,  elles apprennent la débrouille, la solidarité, le travail collectif, l’écologie, la construction de cabanes, donc,  d’après elles,  beaucoup plus et mieux qu’au lycée. Elles sont amies mais très différentes, Lisa est forte, elle aime le combat  et les travaux physiques, Jeanne est douce, timide et réfléchie. Elles s’épanouissent dans ce milieu,  malgré la boue, le froid et le danger des charges de CRS.

A la fin, leur chemin se sépare, mais cette parenthèse les aura rendues plus fortes.

Beaucoup de parents n’apprécieront pas cet éloge de la fugue, mais beaucoup de jeunes vont rêver de cette vie libre, qui a un sens,  parce  qu’elle obéit à des choix de vie assumés.