Ma famille et autres suspects

Ma famille et autres suspects
Kate Emery
Seuil 2026

Un whodunit  sauce australienne

Par Michel Driol

La narratrice, Ruth, treize ans, passe ses vacances dans une ferme en Australie, la maison familiale de ses grands-parents, où habite GG, sa grand-mère. Il y a là  son père Andy, sa tante Vinka et son petit ami Nick, sa tante Rebecca (Tante Bec) et son petit ami Matthew dit Shippy, ainsi que  son cousin Dylan, le fils de Tante Bec. Mais, un matin, GG est retrouvée morte, le crâne fracassé par sa machine à écrire. Si l’inspectrice Nick Peterson mène l’enquête, interroge tout le monde, y compris le voisin agriculteur Sasha, Ruth, grande lectrice de romans policiers, décide de mener l’enquête avec son cousin. Et les secrets de famille à découvrir sont bien nombreux…

Une maison isolée de tout, une famille rassemblée, un meurtre… Il y a là tous les ingrédients d’un roman à la Agatha Christie, sauf que les deux enquêteurs sont une jeune fille et son cousin, façon Holmes et Watson. Le ton est plein d’humour, un humour qui met à distance le crime, l’enquête par d’incessants parallèles faits avec les romans policiers, mais aussi par une façon d’annoncer les événements à venir, sans trop en dire, dans des adresses au lecteur qui le lient, en quelque sorte à  l’enquêtrice et font fonctionner le récit sur le monde du suspense, de l’attente de ce qui est promis. Clairement, la narratrice en sait plus que le lecteur ! Bien sûr, tout cela culmine dans une scène attendue et non annoncée, dans laquelle les deux ados sont en présence du coupable qui les menace physiquement, comme dans toutes les bonnes séries policières actuelles…

Les deux enquêteurs sont pourtant mis à l’écart par les adultes, sont contraints d’écouter aux portes, pour découvrir ce qui s’est passé non seulement cette nuit-là, mais aussi plus tôt, dans la vie de GG et dans la vie de chacun. De cachotteries en mensonges, les non-dits  se révèlent peu à peu, non-dits qui, pour autant, restent quelque peu anodins. Cette famille n’est pas une famille dysfonctionnelle !

Au final, un policier plein d’humour qui fait passer, à sa lecture, un bon moment, bien divertissant.

Blaireau et le monstre de l’étang

Blaireau et le monstre de l’étang
Olivier Desvaux,
Didier jeunesse, 2026

Pêche miraculeuse

Par Anne-Marie Mercier

La série des « Amis du bois sans mousse » est charmante, atemporelle (voir Écureuil dans la tempête ou Le grand voyage). Elle se rapproche des albums illustrés du Vent dans les saules de K. Graham. Ses personnages sont des animaux très anthropomorphisés qui cultivent l’amitié. Ils sont vêtus de costumes, pourvus d’accessoires, de maisons et de meubles. Ils ont aussi des activités humaines.
Ici, Blaireau va à la pêche avec une canne à pêche, et dans une barque. Il souhaite tout simplement attraper un poisson plus gros que tous les autres, et en fait un secret vis-à-vis de ses amis… Il n’y a pas de monstre, à part dans ses rêves.
Le récit comporte une morale, mais sa qualité tient essentiellement dans son rythme et dans la beauté des images et la vivacité des dialogues.
Cette édition de poche (l’album est paru en grand format en 2022) sera parfaite pour se glisser dans une valise, vacances lacustre ou pas.

Barbara La petite souris qui voulait découvrir le monde

Barbara La petite souris qui voulait découvrir le monde
Julia Kerninon – Claire Schvartz
La Martinière jeunesse 2026

Heureux qui, comme Ulysse…

Par Michel Driol

Barbara, qui vit avec ses 99 frères et sœurs derrière une colline, s’interroge. Qu’y a-t-il derrière la colline ? Le monde, lui répond sa maman. C’est décidé, une fois grande, elle part avec son baluchon découvrir le monde, et s’engage comme cuisinière sur un bateau dont le capitaine est un crocodile. Après avoir beaucoup bourlingué, il est temps pour elle de trouver une maison. Ce sera celle où vivent deux petites filles, dans laquelle elle invite toute sa famille.

Construit autour d’un attachant personnage de petite souris, voilà un album qui parle de découvertes, de rêves et de curiosité. Entre le chez soi confortable, la famille rassurante, et l’envie de voler de ses propres ailes, thématique bien souvent abordée en littérature pour la jeunesse, cet album laisse entendre une petite voix singulière, une voix qui lutte contre les stéréotypes. D’abord parce que la maman, au lieu de vouloir à tout prix retenir près d’elle sa fille, l’encourage à aller où elle veut, quand elle sera grande. Une maman qui ouvre à sa fille les portes de la liberté, la laisse poursuivre ses rêves, voilà un beau modèle. Ensuite parce que chacun a sa vision de l’ailleurs, du monde. Où commence-t-il ? Derrière la colline pour la souris, derrière l’arbre pour l’écureuil, derrière la fleur pour l’abeille.  Comme une belle façon de signifier la relativité des perceptions dans une polyphonie qui invite à réfléchir sur le chez soi et sur l’étranger, sur la notion de frontière ici magnifiquement illustrée. Aussi parce que le bateau sur lequel s’embarque la petite souris est peuplé d’animaux bien différents, qui vivent en paix, à l’image de ces cargos dont l’équipage provient de différents pays.  Enfin parce que le retour, à la différence de celui d’Ulysse, n’est pas retour au point de départ. Le déplacement est intéressant : grandir, c’est prendre son indépendance, choisir une maison, mais ne pas couper les ponts. Grandir c’est partir, mais c’est aussi savoir se poser. Barbara incarne tout à tour le nomade et le sédentaire, deux figures de l’humanité. Dans la détermination de ce personnage féminin, aventurière et sage, il y a une leçon de morale, un apprentissage de la vie, qui ne cherche pas à s’imposer, mais qu’on appréciera. Ajoutons un certain humour dans le texte, qui sait parfois prendre des côtés flaubertiens, comme en écho à l’ellipse célèbre de l’Education sentimentale. En une page sont expédiés les franchissements du Cap Horn, les attaques de pirates… Comme Frédéric Moreau, elle voyagea, elle connut de multiples aventures.

Pleines de couleurs, les illustrations conservent un côté enfantin dans la représentation d’un monde à hauteur de souris, un monde dans lequel les baignoires beurriers peuvent être plus grandes que les montagnes, un monde où tout le monde est bienveillant et souriant.

Un album qui parle avec douceur des désirs et des multiples vies qui s’offrent à chacun, un album qui est une ode à la liberté, à la curiosité, à l’ouverture aux autres, tout en sachant rester à hauteur d’enfant.

Zazou a dit

Zazou a dit
Julia Frechette
Les Fourmis rouges 2026

Les gens qu’on aime sont immortels

Par Michel Driol

Une petite fille évoque sa grand-mère, Zazou. Ses vêtements jaune moutarde. Les chambres à bazar dans sa maison. Sa passion pour la peinture, sur les murs, sur les portes. La soupe aux orties et les ponchos multicolores. Tout ce qu’elle lui apprenait. Le tout ponctué de phrases définitives : Zazou a dit. Et maintenant qu’elle est morte, sa petite-fille l’imagine continuer sa vie pleine de fantaisie, à l’endroit où les montagnes touchent le ciel.

C’est le récit émouvant et tendre de la relation entre cette petite fille – figure de l’autrice – et de sa grand-mère. Récit fondé sur des souvenirs à la fois intimes, sans doute, mais aussi universels pour toutes celles et ceux qui ont eu une grand-mère, des greniers ou des chambres à bazar à explorer, et entendu de leur bouche des propos qui transcendent les générations. Si tu avales un noyau de cerise… Chacun se reconnaitra dans cet album, à l’écriture à l’imparfait, imparfait d’habitude, de répétition, mais aussi signature d’un temps révolu, écriture toute en simplicité, posant en quelques mots un épisode, un trait de caractère, dans la joie teintée de nostalgie du souvenir. Souvenir d’une grand-mère comme on rêverait tous d’en avoir connu une, personnage haut en couleur (réellement), pleine de fantaisie, décalée, pleine d’imagination et de poésie vivante dans sa façon de s’adresser aux animaux… Une grand-mère incarnation d’un certain désordre, entendons par là le refus d’un ordre qui enferme, qui emprisonne dans les convenances et les pensées toutes faites. Une grand-mère libre dont les propos, qui rythment de façon régulière l’album, avec la formule Zazou a dit sonnent à la fois comme péremptoires, mais sont en fait des leçons de sagesse, de poésie, de rêverie, une transmission pleine d’amour à sa petite fille.

C’est, pour célébrer cette grand-mère extraordinaire aux yeux de sa petite fille, un album tout en couleurs vives, aux illustrations qui soit évoquent l’enfance joyeuse. Des illustrations qui peuvent rendre hommage aux mensuels pour la jeunesse, dans la façon de légender les illustrations, ou d’en associer 8 sur une double page, façon petit strip de bande dessinée, illustrations qui renvoient aux souvenirs. Illustrations à la gouache, qui renvoient aussi à l’art populaire, dans la façon de représenter les fleurs par exemple. Illustrations pleines d’humour aussi, comme lorsque la fillette se retrouve repeinte par sa grand mère… Illustrations enfin qui, graphiquement, disent la présence et l’absence, la disparition.

Un album qui s’inscrit dans un topos classique en littérature jeunesse, la relation intergénérationnelle et la disparition d’une grand-mère, mais le traite avec délicatesse, en célébrant l’imaginaire, en s’éloignant des stéréotypes, pour être une ode à la complicité, à la liberté et à l’amour.

Toi & moi

Toi & moi
Louise Fitzgerald – Chuck Groenink
Little Urban 2026

Ceci est le début d’une merveilleuse amitié

Par Michel Driol

La couverture ne laisse pas de doute : toi et moi, ce sera l’histoire d’un jeune garçon et d’un chien. L’album raconte leur rencontre, le voyage en voiture avec ses parents vers le refuge animalier, l’inquiétude au moment où il est mis en présence du chien, le jeu avec le doudou et le début d’une amitié qui durera toute la vie…

Le texte alterne la voix  du jeune garçon et celle du chien, deux voix qui montrent que les deux personnages partagent les mêmes sentiments et émotions, au point qu’on peut se demander s’il est question ici ou là de l’un ou de l’autre, ou des deux. Les illustrations font aussi alterner les deux récits, dans une belle symétrie, soit sur des pages opposées, soit sur les registres haut et bas. De ce fait les deux personnages sont caractérisés par leur solitude, la timidité du garçon, fils unique, leurs attitudes similaires, comme la façon de se cacher derrière les parents pour l’un, la gardienne pour l’autre. Un tel procédé, forcément, humanise le chien, qui est doté de pensées, d’émotions, de savoirs. Il sait qu’il va être adopté, il ne sait pas comment apprivoiser l’autre. Il y a là une façon textuelle et graphique de montrer que, d’une certaine façon, l’animal et l’homme partagent un certain nombre de caractéristiques communes, et qu’adopter un animal est un acte qui engage et ne se fait pas à la légère.

Le texte et l’illustration s’accordent pour prendre le temps du récit, pour ne pas brusquer la vitesse de narration, chose assez rare en littérature pour la jeunesse où tout va souvent très vite, trop vite. Ici on prend le temps de détailler les menus évènements de la matinée, ce qui retarde le moment de la rencontre, les gros plans sur les visages qui se font face organisent une sorte de pause dans le récit, façon de montrer l’importance de chaque instant de cette journée mémorable. Par ailleurs, la construction circulaire de l’album, qui commence le matin devant la fenêtre à regarder le soleil qui se lève ou écouter les oiseaux qui chantent, et se clôt le soir, avec le motif du soleil et des oiseaux, participe aussi de cette gestion du temps qui à la fois se répète et permet un vrai changement. Les deux je sont devenus un nous.

Avec des illustrations aux teintes pastel tout en douceur, un album qui se déploie sur le registre de l’émotion pour parler de la création du lien entre un enfant et un animal de compagnie, sans affectation, mais avec beaucoup de délicatesse dans la façon de faire ressentir les sentiments des deux protagonistes.

Il était une fois… Maman les p’tits ba..

Il était une fois… Maman les p’tits ba..
Philippe Jalbert
Seuil jeunesse, 2026

Calembredaines et calembours sont en bateau…

Par Anne-Marie Mercier

Philippe Jalbert a publié toute une série de « Il était une fois » (L’école, l’enfant et la maitres…, « Une Histoire sans caca… », « Une Souris ver… », « Le Petit Chaperon rou…, » « Un Roi et une rei… ». Le principe est d’évoquer un texte bien connu des enfants et de le pervertir en le complétant au niveau des points de suspension (qui correspondent à la tourne de page) par un texte différent en insérant par surprise des traits de loufoquerie ou de scatologie.
Le texte est construit comme un dialogue, la parole enfantine étant celle qui crée les distorsions, et la parole adulte tentant en vain de réfréner sa fantaisie. « Maman les p’tits bateaux » devient « Maman les p’tits ba…lais », puis « les p’tits ba…llons » ; lorsque la chanson change, après un coup de colère de la voix qui contrôle, « Les crococro » devient « les cro…ttes de bique ».
Succès garanti : cela fait beaucoup rire les enfants. C’est aussi un apprentissage du jeu de mot, avec parfois au passage des apprentissages linguistiques intéressants…

Les Découvertes vertes d’Anna Zavatian

Les Découvertes vertes d’Anna Zavatian
Vincent Cuvellier, ill. de Charline Collette
Hélium, 2026

Savante et détective en herbe

Par Anne-Marie Mercier

Le père d’Anna Zavatian est un scientifique, un découvreur. Il était sans doute aussi un explorateur puisque sa fille pense qu’il a disparu en Amérique du sud. Le tout est que sa fille a hérité de son goût du savoir, et un peu de ses connaissances : elle est un puits de science et raisonne comme peu d’enfants de neuf ans. Elle est aussi dévorée par l’envie de parcourir le monde alors que sa mère lui interdit de sortir. Elle ne va même pas à l’école, mais s’instruit à chaque occasion.
Les pages du carnet de découvertes d’Anna sont un régal de précision et de jeu avec les beaux mots de la science. On y voit ses tentatives pour décrire (le lierre, les différentes sortes de pluies…), définir (les cuticules), comprendre (d’où vient le vent ?)…
Une assistante sociale vient vérifier que l’enseignement à la maison est fait correctement mais pose une obligation à cette dispense scolaire : Anna doit aller en récréation tous les jours à 10h10. Sa mère l’accompagne et l’attend sur un banc pour la raccompagner… quel est le secret de cette mère ? Où est réellement le père d’Anna ?
La réponse fait diverger le roman réaliste en roman policier aux allure futuristes : le père est prisonnier d’un entrepreneur sans scrupules qui veut lui voler son invention pour devenir maitre du monde. Avec l’aide d’une amie rencontrée dans la cour de récréation (un peu simplette mais très dynamique), d’une jeune femme en mal d’amoureux et d’un libraire distrait, Anna va venir à bout de tous les mystères.
C’est drôle, inventif, surprenant… et très instructif !

Le Vélo de Jules

Le Vélo de Jules
Louise Chaput et Annick Gaudreault
Editions de l’isatis 2026

Récupérer, réparer, rouler…

Par Michel Driol

Au bout de la ruelle, le père de Jules – le narrateur –  a trouvé un vieux vélo. Jules et lui le réparent, le repeignent, regonflent les pneus, et voilà Jules parti pour de grandes balades ! Une dernière page documentaire retrace en grandes lignes l’histoire du vélo.

Voilà un album écologique, véritable ode au bricolage, aux savoir-faire manuels, qui montre comment on peut donner une seconde vie aux objets abandonnés au lieu de les jeter, dans la bonne humeur, et la complicité d’un père et d’un fils. Il est fier, Jules, sur la couverture. Fier de quoi ? D’avoir un vélo ou de l’avoir réparé, repeint, avec son père ? Fierté du travail accompli, et bien accompli.

Le texte joue avec les rimes et les assonances, sans avoir une présentation en vers, pour se donner plus de musicalité et de légèreté. Il fait parfois appel à des dialogues pleins de la poésie décalée de livrets d’opéra – façon Offenbach ! Les illustrations veulent occuper tout l’espace de la page, montrant le père et le fils bien occupés, dans un faubourg québécois entre ville et jardin public.

Un album qui fait le choix de la légèreté, pour montrer, par la pratique, comment on peut donner une seconde vie aux objets,  comme les vélos, moyen de transport doux s’il en est ! Pour aussi montrer aux enfants que réparer vaut mieux qu’acheter !

Le Meilleur du cinéma pour les enfants.

Le Meilleur du cinéma pour les enfants. Les films incontournables à montrer aux plus grands, à partir de 7 ans !
Benshi
Seuil jeunesse, 2026

Pour un été (et plus) au cinéma avec les enfants

Par Anne-Marie Mercier

Ne demandez pas qui est Benshi : ce mot (qui vient du japonais) désigne ici un site (benshi.fr, « le cinéma qui fait grandir ») créé à l’initiative d’une salle de cinéma indépendante (le studio des Ursulines). Benshi est autant une plate-forme de cinéma qu’un lieu de recommandation de films pour les parents d’enfants de 2 à 11 ans. Privilégiant les qualités esthétiques, les valeurs d’empathie, la singularité et la longévité des œuvres, on devine qu’ils ont des goûts assez classiques (et de bon goût), ce dont on ne se plaindra pas, le contraire ayant un boulevard devant lui par les temps qui courent).
Les films sont présentés par recommandations d’âge (de 7 à 10 ans et plus, cette catégorie pouvant inclure les adultes cinéphiles). On y trouve aussi bien des dessins animés (Le Château ambulant, Indestructibles), que des films d’aventure (L’homme de Rio, Hugo Cabret), des classiques (Le Dictateur), des comédies musicales (Les Demoiselles de Rochefort), des documentaires (Microcosmos). Pour les plus âgés on trouve La Rose pourpre du Caire (ambitieux!), et bien sûr Star Wars ! On trouve aussi  La Nuit du chasseur, qui est peut-être un peu trop terrifiant (j’attendrais pour celui-là), et illustre le fait que ce n’est pas parce que des enfants en sont les héros qu’une œuvre peut leur être proposée.
Chaque film est présenté avec son affiche, un synopsis de trois à quatre lignes pas plus (parfait !), les informations essentielles (réalisateur, pays, durée – précision très importante avec des enfants si on veut éviter la frustration d’un visionnage inachevé– ), et les thèmes (que l’on retrouve en fin d’ouvrage dans un index propre). L’avis de Benshi est accompagné d’une liste de bonnes raisons pour voir le film, de suggestions de films ou romans proches et de questions. Celles-ci n’ont pas toutes le même intérêt : certaines semblent faites pour voit si le film a été regardé attentivement (un peu trop scolaire à mon avis…), d’autres pour lancer une discussion avec l’enfant, soit sur les thèmes abordés, soit sur l’esthétique du film (c’est mieux !).

Très pratique avec ses index, plein de bonnes idées, c’est un bon guide pour futurs cinéphiles.
Un autre volume (Benshi présente le meilleur du cinéma pour les enfants: Les films incontournables à montrer aux 3-6 ans) a été publié en 2022 pour les plus jeunes.

 

 

 

La Terre n’est pas plate

La Terre n’est pas plate
Andrea Antinori traduit par Laurana Serres-Giardi
Rue du monde 2026

Vrai ou faux ?

Par Michel Driol

Premier volume de la collection C’est vrai ou c’est faux ?, La Terre n’est pas plate pose d’abord la réalité de la rotondité de la terre, avec quatre constatations ou expériences faciles à réaliser. Puis on se questionne sur ce que serait la vie sur une terre plate. Un simple trou, et on passerait de la face A à la face B. Certains sports ou loisirs deviendraient dangereux ou impraticables. Christophe Colomb, arrivé au bout, aurait fait demi-tour. Tout serait sans doute plat sur une terre plate, à l’instar des limandes ou des soles, et de nombreux objets auraient une forme différente.  Et si la terre avait une forme différente : au lecteur de l’imaginer ! On termine avec 4 informations scientifiques relatives à la découverte de la rotondité de la terre et à sa mesure.

Conjuguer science, lutte contre les fake news et les clichés, imagination et poésie… c’est possible, ce premier opus le prouve avec brio et humour ! L’album est animé par de multiples personnages qui illustrent la vie sur une terre plate, illustré de nombreux légumes, objets, animaux transformés pour être adaptés  à la platitude de la terre. Le texte, le plus souvent au conditionnel, sait se faire concis pour laisser tout l’espace de la page aux illustrations. Il fait appel aussi bien aux interrogations quant au comportement sur une planète plate, qu’aux exclamations montrant un certain absurde des situations loufoques provoquées, de façon aussi à susciter la réflexion joyeuse du jeune lecteur.

L’album répond à une nécessité, faire adhérer les enfants aux vérités scientifiques, les inciter à se méfier des affirmations erronées, dogmatiques, les pousser à s’interroger sur ce qu’ils entendent. Il le fait avec humour, mêlant habilement ce qu’il faut de sérieux avec ce qu’il faut de légèreté, et beaucoup de poésie. Ne peut-on pas imaginer d’autres formes de planètes, d’autres types de mondes ? Après tout, le Petit Prince n’est pas loin…