Colloque métamorphoses et rencontre avec l’illustratrice Sara

affiche metaNotre colloque approche (lundi 26 et mardi 27); il sera suivi le mercredi à 14h 30 d’une rencontre avec l’illustratrice Sara, organisée par la BUFM et le SCD de l’université Lyon1.logo bu

Impression

 

Demandez le programme:Métamorphoses-programme

Et inscrivez-vous (c’est gratuit):
http://bit.ly/1rrQ9j7

Espé, Amphi Louise Michel, 5 rue Anselme, Lyon 4e (en bus arrêt clos jouve du 13 et du 18, en métro, arrêt croix rousse et 10 mn de marche)

With courtesy of Dan Hillier for his picture “Luna”,
special thanks to him. Copyright © Dan Hillier
http://www.danhillier.com/flyersans

 

Merci à Sara pour l’image tirée des Métamorphoses (Actéon)

Mäko

Mäko
Julien Béziat

L’Ecole des loisirs (Pastel), 2011

La carte fait le menu

Par Matthieu Freyheit

MäkoMäko est un morse du pôle. C’est aussi un artiste, qui à partir de ses observations des fonds marins sculpte la glace des surfaces, faisant naître une cartographie givrée des profondeurs. Dressant, surtout, une carte des coins à poisson, facilitant la pêche des animaux de la surface. Sauf que. Sauf que réchauffement oblige, les sculptures de Mäko disparaissent, emportées par la dislocation des glaces. Et tandis que les sculptures disparaissent, les poissons les accompagnent, chassés eux aussi par le changement climatique en cours. À la disparition des poissons répond la multitude des prédateurs, phoques et pingouins, qui au centre de l’album apparaissent dans une double page qui démultiplie les regards angoissés devant la faim qui gagne les ventres. La famine, de fait, n’appartient pas qu’au genre humain. Mais l’album ne cherche pas la dramatisation et tente d’offrir par l’imaginaire une réponse impossible à un sinistre annoncé. Mäko imagine une baleine, et la baleine apparaît, remplie des poissons qu’elle déverse en offrande aux affamés. Mais le miracle ne se reproduit pas nécessairement : le morse finit par sculpter des poissons imaginaires, et les océans se dépeuplent autant qu’ils continuent sous son effort d’être peuplés de rêves de vie. Ce bel album, aux tracés proches d’un style présent dans la bande dessinée, décline en couleurs froides la vie de la banquise, comme sa lente dérive.

 

 

Comme si

Comme si
Orit Bergman
Rouergue 2014

Dominant dominé ?

par Michel Driol

comme siAprès Plus grand que toi, voici le retour de Piou, l’oiselle, petite et malicieuse, un brin imbue d’elle-même, et de Toto, l’éléphant, gentil comme tout ! Sur la proposition de Piou, ils jouent à faire comme s’ils étaient d’autres qu’eux-mêmes. On le devine, à ce jeu adoré des enfants, chacun veut prendre le dessus sur l’autre. Et l’on passera du lièvre (Piou, bien sûr) et la tortue (Toto) à la reine du directeur du cirque dominant le marchand de glace. Mais, bien sûr, dans cette dialectique, le gentil, qui se révèle le roi de la glace, va l’emporter.

L’illustration, au graphisme épuré, met en lumière les deux personnages, met en relief leur opposition de taille. Rien de trop : les décors, souvent stylisés, et le graphisme dans l’image (dans un style très BD où seuls les personnages parlent) soulignent encore ces rapports de force mouvants.

Un bel album qui permettra de parler des rapports humains (petit/grand, fille/garçon, teigne/gentil) et du désir de puissance aux plus petits, avec des termes très simples, dans un imaginaire proche du jeu enfantin : qui n’a pas joué à « Alors je serais… et toi tu serais… »

Avant Maintenant Après

Avant Maintenant Après
Catherine Grive, Gilles Rapapport
Seuil jeunesse, 2014

Héraclite et lapinou

Par Anne-Marie Mercier

Avant Maintenant ApresAvant, maintenant, après… Aujourd’hui, demain, hier… Comment expliquer aux enfants toutes ces notions extrêmement complexes, liées à la question de l’énonciation?

Les auteurs ont choisi un dispositif en triptyque : l’album s’ouvre en trois volets cartonnés comportant chacun un petit album souple portant le titre de la notion qu’il illustre. Ce n’est pas seulement une leçon de repérage et de langage mais aussi une petite leçon de philosophie, qui permet de se projeter dans le futur proche comme dans un avenir plus lointain, dans le passé récent et dans le temps où l’on n’existait pas encore.

Et derrière ce vertige Héraclitéen, il reste une permanence, un point fixe proposé à ce petit lapin inquiet : celle de l’amour des parents. Inquiéter et rassurer, voilà une belle leçon de philosophie à l’usage des petits.

Le Suivant sur la liste

Le Suivant sur la liste
Manon Fargetton

Rageot, 2014

Le suivant sur la liste…des romans à lire

Par Matthieu Freyheit

LesuivantsurlalisteNathan est un mordu d’informatique, un petit génie et hacker prodigieux, fidèle à l’image fictionnelle du hacker. Morgane est une reine de popularité : ne pas l’aimer est semble-t-il impossible. Timothée, le cousin de Nathan, est protégé de son empathie maladive par les murs de la clinique des Cigognes. Izia, rebelle solitaire, et Samuel, rebelle solitaire (bis), ne sont pas tout à fait communs non plus. Vous découvrirez que tout cela n’a rien de naturel. Mais il ne faut pas attendre jusque là pour que s’emballent les choses : dans les premières pages déjà, on comprend que Nathan est sur la piste d’un secret dérangeant qui ne concerne pas que lui. Dans les premières pages déjà, la voiture fonce à vive allure, mettant un terme définitif (pense-t-on) aux recherches du jeune adolescent. Mystères, complots, faux accidents et courses-poursuites, la vie de cette poignée de collégiens bascule avec la mort de Nathan et l’envoi d’étranges emails posthumes… Dans ce roman palpitant, l’univers du thriller se mêle efficacement à celui de la science-fiction et du marvel. Un art du mélange et de l’hybridation (une association du fond et de la forme qui dans ce roman fonctionne parfaitement) que Manon Fargetton avait déjà initié dans Aussi libres qu’un rêve (2013).

Ici, la convoitise des uns fait le malheur des autres, et le potentiel révélé devient un fardeau à cacher, tandis que la solidarité du groupe est mise à rude épreuve. Ce qui n’empêche pas l’auteure de dessiner, parallèlement, les contours d’une belle et cruelle histoire tantôt d’amour, tantôt d’amitié. Tantôt de trahison. Le motif classique du superhéros, assez peu représenté en France, trouve ici une application intéressante parce que discrète : sans spectacle, Manon Fargetton crée du rythme, de l’aventure, de la tension, presque du cinéma, tant l’écriture restitue ici un mouvement continuel (des corps, mais aussi des sens).

C’est, en somme, un très bon roman qui confirme la qualité de la série Thriller de Rageot qui s’affirme comme une collection incontournable du thriller dans la littérature adolescente. Quant au roman de Manon Fargetton, il s’achève sur la promesse d’une suite, que l’on ne peut qu’attendre avec avidité.

 

 

Le Jeu de la bonne aventure

Le Jeu de la bonne aventure
David Dumortier, illustrations d’Aude Léonard
Motus, 2014

 Le jeu de la vie

 Par Anne-Marie Mercier

Le Jeu de la bonne aventure« Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » Rien de plus agaçant parfois, cette question. Sauf lorsqu’elle est énoncé sous forme de jeu, où le hasard est un des biais de la poésie. C’est ce que propose David Dumortier, avec un véritable jeu de cartes au format allongé comme un jeu de tarots.

La règle demande de tirer une carte « pour connaître son avenir ou celui de quelqu’un d’autre » ; on a le droit d’en changer si on n’en est pas content, et il y a même un joker, une carte qui ne dit rien à part qu’on est libre de choisir ce qu’on veut. Il y a des As, aussi, la chance… Mais tout est aussi affaire de décision ou de regard.

« Tu joueras au ballon parce que tu aimes la lune. La médaille d’or n’est pas loin, regarde, elle est juste au-dessus de toi…

« Tu es né sans coquille, comme un brin d’herbe, alors tu te déguiseras avec la carcasse d’une tortue et tu prendras les chemins tortueux…

« Tu seras riche, riche, riche, riche, riche, riche, riche, Oh ! Que tu seras riche, riche, riche, riche, si tu connais plus de mots que le mot argent.

« Ton métier sera de combattre le feu. Avant de te coucher, tu éteindras aussi les lumières de ta maison et le soleil qui a brillé dans tes yeux. »

Pompier, espion/ne, berger/ère, chercheur/e d’or, traducteur/trice, footballeur/euse, voyageur/euse magicien/ne, jardinier/ère, pilote d’avion… Tous ces métiers sont évoqués, et bien d’autres qui n’existent pas (?), mais toujours sous une forme détournée, métaphorique, poétique et rêveuse. Une très belle façon de dédramatiser le futur et de poétiser la vie.

E-machination

E-machination
Arthur Ténor

Seuil 2013

Un livre dont le jeu est le héros

par Christine Moulin

49172Arthur Ténor aime à explorer les limites entre fiction et réalité, notamment dans le registre du fantastique. Il renouvelle ici son interrogation favorite en s’inscrivant dans le genre émergent (mais émerge-t-il encore ? à force…) des romans de jeunesse consacrés aux jeux video. Comme d’habitude, pourrait-on dire, le héros (un informaticien, un geek -1-), affublé du prénom de Clotaire, se laisse séduire par une annonce commerciale qui permet d’essayer, pour trois minutes seulement, un jeu en immersion totale, évidemment « bluffant », évidemment révolutionnaire, qui donne l’illusion d’être transporté dans un autre monde. Parallèlement, l’héroïne, Lucile, prof de français (eh oui, il faut bien que la littérature soit représentée) se laisse également séduire. Malgré l’interdiction absolue de se rencontrer dans la vraie vie (encore une constante du genre), ils formeront bientôt un couple à la Marvel, « dégommant » candidement toutes sortes d’ennemis plus dangereux les uns que les autres car, et c’est là un des premiers intérêts du roman, ce qui se passe dans la réalité virtuelle déborde, en quelque sorte, dans la réalité… réelle.

A partir de ce scénario, pour mieux piéger le lecteur, l’auteur évite certains pièges. Celui de diaboliser les jeux video : certes, Arthur Ténor évoque bien l’enfer du jeu (« En vous laissant piéger par le jeu, vous avez basculé dans un monde d’où il est impossible de revenir par l’oubli ») mais il résiste à la tentation de délivrer une leçon de morale simpliste, comme le prouve le dénouement. Il refuse également de se prendre au sérieux : l’humour est constant, évoquant le second degré des comics.

Ce qui n’exclut pas une réflexion sur les timidités de l’adolescence: ce n’est pas un hasard si Lucile fait étudier Cyrano de Bergerac à ses élèves de Troisième car le thème de la laideur, du masque qui colle à la peau traverse tout le roman, modernisé en avatar.

Enfin, Arthur Ténor, habile prestidigitateur, comme il aime à le faire, joue sur les mises en abyme et en profite pour « glisser » quelques définitions bien senties de la littérature, à moins que ce ne soit du jeu video (et cette assimilation même est bienvenue), comme « pouvoir d’agir sur le réel par l’intermédiaire de chimères qui ne devraient exister que dans notre imagination ».

Bref, voilà un roman qui cesse de dresser les unes contre les autres les différentes manifestations de la culture et qui, à travers un jeu sur le jeu fait de la lecture un jeu. Même si le propos n’est pas neuf (et c’est ce qui est un peu décevant), même s’il n’est pas totalement abouti (les allusions à la culture geek restent superficielles), le traitement est habile et prenant.

(1) : note de bas de page en forme de « SPOIL » : comment se fait-il qu’un geek n’ait pas été alerté par le nom de Ghoster?

Le Petit Pompier

Le Petit Pompier
Margaret Wise Brown, Esphyr Sloboddkina
Didier jeunesse (cligne cligne), 2014

Grand/Petit, Ancien / Moderne

Par Anne-Marie Mercier

le-petit-pompierPublié pour la première fois en 1938, cet album qui connut un grand succès aux États-Unis est édité ici pour la première fois en France : dans la collection que Didier jeunesse a dédiée aux œuvres de la littérature de jeunesse internationale mal connues chez nous (du même auteur, a paru précédemment Une Chanson pour l’oiseau).

L’histoire est apparemment très simple : il était une fois grand pompier… Il est appelé pour éteindre un incendie ; il y parvient, rentre chez lui dit, s’endort et rêve… qu’il éteint un incendie.

Seulement voilà : l’histoire est double. Parallèlement, sur la même page, mais en caractères et en dessins plus petits, on nous raconte l’histoire d’un petit pompier à qui il arrive les mêmes choses, avec de très légères différences et c’est ce qui fait tout le sel de l’histoire, quasi philosophique.

Les illustrations en papier découpé, une nouveauté à l’époque donnent un cadre coloré et stylisé  qui convient parfaitement  au propos. Ainsi ce n’est pas seulement une réédition qui permettrait de connaître des expérimentations en la littérature de jeunesse (Bank Street School proposait à un auteur ayant une expérience pédagogique de s’associer à un artiste pour créer des albums différents). Ce petit chef-d’œuvre est toujours aussi efficace, avec ses couleurs éclatantes et ses jeux sur le grand et le petit, dans les mots comme dans les formes.

Lune et l’ombre

Lune et l’Ombre
1 Fuir Malco
Charlotte Bousquet
Gulf Stream, 2014

 

  Voyager à travers les tableaux des génies oubliés

                                                                         Par Maryse Vuillermet

 lune et l'ombre image 2 Premier tome d’une série. Lune, adolescente de treize ans, artiste et solitaire,  a des problèmes familiaux. Le nouveau compagnon de sa mère Malco exerce une emprise maléfique sur les deux femmes. Elle a aussi de mystérieux problèmes physiques, elle perd la vue des couleurs puis du gout. Seuls,  certains tableaux sont encore colorés à ses yeux et en particulier ceux d’une exposition Femmes peintres des XIX° et XX°, les génies oubliés.  Elle veut aller voir l’exposition mais Malco l’en empêche.Terrorisée,  elle décide de fuir la maison mais Malco est à ses trousses. Il est accompagné ou précédé d’ombres, des créatures indéfinissables, dont elle sent la présence autour d’elle. Après une fuite et une course poursuite mouvementée,  elle parvient au musée, elle s’y réfugie mais là, stupeur ! Malco est toujours derrière elle et, au moment où il allait la rattraper, elle plonge ou est happée par l’univers du tableau intitulé Marché aux chevaux. Là, elle se met à vivre l’époque et la scène du tableau, elle y rencontre un jeune palefrenier Léo, devient son amie mais s’aperçoit que lui n’est qu’une créature de peinture. A nouveau, les ombres la poursuivent dans ce monde, elle parvient à leur échapper et à connaitre une partie de son histoire et en particulier l’origine de son prénom Lune.

L’univers de ce roman est très original, c’est à la fois un roman d’héroîc fantasy, avec ombres, maléfices, créatures du mal, métamorphoses, voyage dans le temps… c’est un roman d’initiation à la peinture car chaque toile où plonge Lune est décrite en détail avec gourmandise et passion par l’auteure, et les tableaux sont tous des œuvres de femmes peintres, les génies oubliés, donc c’est aussi un roman de revendication pour ces artistes, injustement méconnus parce que femmes, et c’est enfin un roman d’apprentissage où l’héroïne cherche à se libérer de l’emprise d’un homme brutal, à comprendre ce qu’il lui veut et donc à savoir qui elle est.

 On se demande comment l’auteur va tenir le rythme et le souffle sur trois tomes mais Charlotte Bousquet, avec Princesse des os et Vénénum, nous a prouvé qu’elle excellait à faire revivre des univers historiques en y plaçant des héroïnes pleines de vie, de curiosité et de courage.

La mort préfère Ava

La mort préfère Ava
Maïté Bernard

Syros, 2013

Consolatrice tu seras

par Christine Moulin

cvt_La-mort-prefere-Ava_3036Depuis Harry Potter, le lecteur apprécie que le héros d’une série évolue, grandisse, mûrisse. C’est le cas pour Ava, et c’est tant mieux car la maturation de l’écriture accompagne celle de l’héroïne.

D’abord changement d’île. Nous voici à Guernesey, ce qui nous permet de visiter la demeure de Victor Hugo, Hauteville House, ou plutôt, dans un premier temps, de ne pas la visiter, les horaires étant confidentiels (ce qui correspond assez bien à la réalité!) pour ensuite apprendre ou retrouver toutes sortes d’anecdotes sur le célèbre écrivain, bien amenées et bien choisies, en accord avec le cadre fictionnel: c’est ainsi que l’auteur insiste sur l’inscription gravée sur un mur, Absentes adsunt (les absents sont présents), ce qui fait écho au destin d’Ava, sans cesse confrontée à des fantômes. Dans le même ordre d’idées, l’auteur donne une explication toute personnelle du phénomène des Tables tournantes. C’est une des connaissances d’Ava, Joséphine, qui répondait, en fait, au grand homme: « pendant que Victor Hugo croyait parler avec Chateaubriand, Dante, Racine, Marat, Charlotte Corday, Robespierre, Louis XVI, Napoléon 1er, Mahomet, Jésus, des animaux bibliques et les fantômes de sa maison, il a parlait à Joséphine qui avait la culture, l’imagination, la versatilité et l’à-propos nécessaires pour tromper un des esprits les plus  brillants de son temps ». Voilà un mystère d’éclairci!

Mais de façon moins périphérique, le roman développe deux dimensions qui lui donnent tout son intérêt : la dimension sentimentale, Ava ayant du mal à concilier sa « vocation » de consolatrice et ses histoires d’amour, ce qui, mutatis mutandis, ne la distingue guère des jeunes femmes d’aujourd’hui; la dimension politique: Ava essaye toujours d’organiser le système d’aide à apporter aux âmes errantes et se heurte à des factions et des luttes pour le pouvoir dignes des entreprises modernes. Le côté fantastique renvoie assez « naturellement » à des faits de société actuels. Maïté Bernard est, en quelque sorte, notre JKR à nous, sans pour autant la plagier.

Enfin, comme dans les tomes précédents, un mystère est au cœur du livre: le projecteur éclaire progressivement le passé de Cécilia, le mentor d’Ava.

On a donc affaire à une véritable série, qui n’est pas artificiellement divisée en plusieurs tomes, tous plus épais les uns que les autres, pour obéir aux nouvelles lois du « marketing », une série qui progresse véritablement, prend de l’ampleur et de l’épaisseur.