La fine mouche

La fine mouche
Jean Perrot et Sébastien Mourrain
Seuil jeunesse (Petits contes du tapis ), 2011

Heureusement que les filles existent…

 Par Karine Pauthier (IUFM de Saint-Étienne)

Lafinemouche« La fine mouche », conté par Jean Perrot et illustré par Sébastien Mourrain, est un conte populaire russe qui met à l’honneur l’intelligence des jeunes filles à travers l’histoire de deux frères. L’un est riche et possède une charrette, l’autre est pauvre et a une jument. Ce dernier ne se soucie guère de l’argent car il a une fille rusée. Alors qu’ils s’arrêtent pour dormir, lors d’un long voyage, au réveil, la jument a mis bas sous la charrette. Une dispute éclate entre les deux frères qui se disent tous les deux propriétaires du poulain. Le lecteur est alors emporté dans l’histoire et tente de répondre à une question : À qui appartient le poulain, au propriétaire de la charrette ou à celui de la jument ? La dispute des deux frères fait tellement de bruit que le tsar, lui même, décide de trancher : celui qui résoudra ses énigmes aura le poulain. La lecture de ce conte célèbre pour les énigmes qu’il propose, met finalement en scène le triomphe de l’intelligence sur la malhonnêteté ce que souligne la conjonction du texte et de l’image. La morale est très claire : on ne juge pas les gens pour de l’argent.

Le choix de la publication dans la série « Petits contes du tapis » est particulièrement judicieux. Les enfants découvrent des images aux couleurs des milles et une nuit avant même d’entrer dans l’histoire. Les belles et grandes images de Sébastien Mourreau sont à la fois spectaculaires et pleines d’humour. Les couleurs chaudes dominantes rappellent la Russie traditionnelle.

Jean Perrot est un universitaire bien connu pour ses travaux sur la littérature de jeunesse.

Lunaparc en pyjamarama

Lunaparc en pyjamarama
Frédérique Bertrand, Michaël Leblond
Rouergue, 2012

Quand l’image s’anime

Par Frédérique Mattès

9782812603334Deuxième aventure du sympathique  petit garçon au pyjama rayé.  Après avoir visité New York (New York en pyjamarama),  il va cette fois à la découverte de l’univers de la fête foraine. Le procédé est le même, une simple feuille de plastique striée que le lecteur promène sur la page et qui lui permet de  voir s’animer le décor. Les lumières de la fête, les autos tamponneuses, la grande roue et les multiples autres attractions bougent au gré de sa volonté. C’est magique, simple et efficace. A l’heure où l’on offre aux enfants, dès le berceau, des tablettes numériques, qu’il est agréable de s’émerveiller devant tant de simplicité. L’ombro-cinéma a encore de beaux jours devant lui !

Les images dépouillées aux couleurs primaires construites par Frédérique Bertrand à l’aide de papier découpé accompagnent parfaitement un  texte court, simple, rythmé, jamais mièvre. C’est également à Michaël Leblond que revient la tâche de produire  les images qui s’animeront. Une belle collaboration qui a donné lieu en octobre 2012 à une nouvelle parution (Moi en pyjamarama).

La Venture d’Isée

La Venture d’Isée
Claude Ponti

L’école des loisirs, 2012

Fausse aventure, vrai voyage en images

Par Anne-Marie Mercier

LaventuredIseeIsée, dans un album précédent (Mô- Namour), se retrouvait orpheline et avait bien des difficultés à surmonter. Ici, toujours accompagnée de son doudou Tadoramour, elle quitte volontairement ses parents, pour vivre une aventure choisie. Malgré le titre et ce début, on ne trouve pas de récit construit et structuré autour d’une quête, d’un manque à combler ou d’un drame comme dans les albums « historiques » de Claude Ponti. Le parcours est plus proche de ses derniers albums, listes de situations, catalogues… Il semble suivre le hasard des rencontres ou le caprice du moment. Isée garde son indépendance et surmonte tout, domine tout le monde y compris le Frédilémon, poing serré qui peut faire bien des choses (et qui reprend un « personnage » de Fred dans la série Philémon, comme son nom l’indique).

L’inventivité plastique, la circulation entre les images et les pages, la multiplication des détails, tout cela est magnifique, comme d’habitude.  Mais certains seront peut-être gênés par la gratuité de l’aventure comme de l’histoire et par la saturation du récit par les jeux de mots, mots scindés, tordus, collés, entrelardés… ; à force, ils finissent par relever du procédé plus que de la poésie verbale. D’autres se concentreront sur les images et prendront grand plaisir à s’arrêter sur chaque double page.

L’âne Trotro ; Zaza va sur son pot

trotroL’âne Trotro; Zaza va sur son pot
Bénédicte Guettier
Gallimard jeunesse, Giboulées, 2013

Ploc… Pssiiitt… Prout!

Par Caroline Scandale

La petite sœur de Trotro est grande! Ses parents ont décidé de ne plus mettre de couches à Zaza mais le problème est qu’elle ne sait toujours pas se servir de son pot… Les situations cocasses de pipi-caca s’enchaînent. Trotro se moque gentiment d’elle, alors Zaza, vexée, s’énerve et lui répond qu’elle n’est pas un bébé! Du coup, pour le lui prouver, elle fait enfin ses besoins dans le pot en s’exclamant fièrement: « Grande Zaza »! Toute la famille la félicite. Zaza n’est plus vraiment un bébé mais une petite fille sur le chemin de l’autonomie.

L’apprentissage de la propreté est une étape-clé du développement psychomoteur des enfants. Cet album l’aborde de façon très amusante et en plus, c’est son papa qui lui donne le bain!

Louisette la taupe, mouton circus,

Louisette la taupe, mouton circus,
Bruno Heitz

Casterman, 2007

Le succès d’un mouton

Par Clémentine Marques master MESFC Saint-Etienne

mouton circusEncore une nouvelle bande dessinée de Bruno Heitz où Louisette la taupe emmène le lecteur dans une aventure qui n’est pas de tout repos, pleine de rebondissements et d’anecdotes. En effet Louisette partant profiter de l’air pur de la montagne pour soigner son rhume, se retrouve à travailler dans un cirque allant de village en village, accrochée sous la toison d’un bélier. Sa connaissance des grands classiques tels que les contes de Charles Perrault et les fables de La Fontaine va lui jouer des tours.

Cette bande dessinée très colorée, avec une grande simplicité des dessins, met en avant des références littéraires pointues telles que les contes de Grimm. Ces références seront appréciées par les connaisseurs, tandis que les autres auront envie d’en savoir plus. Cette histoire à l’humour décalé d’une taupe connaissant toutes ces grandes histoires, connait une fin moralisatrice à la manière des Fables de Jean de La Fontaine.

L’opéra dévoilé

L’opéra dévoilé
Sandrine Duclos (texte), Laurent Croizier (conseil scientifique), Estelle Chadelier (illustrations)
Mama Josefa (Tapis volant), 2012

Tout l’opéra en jeux

Par Anne-Marie Mercier

operadevoileLes opéras pour enfants se sont multipliés depuis plusieurs années, mais il manquait un ouvrage qui permette aux jeunes spectateurs de connaître à la fois l’histoire du genre et l’envers du décor. Mama Josefa propose un album maniable qui réussit le tour de force de présenter à peu près tous les aspects de ce spectacle total en quelques doubles pages : l’histoire du genre est évoquée, depuis les premiers spectacles chantés de l’antiquité à nos jours, en passant par l’opera buffa, la tragédie lyrique et le ballet, avec les styles nationaux (italien, français, allemand, chinois…), quelques grands compositeurs, quelques œuvres majeures comme La Flûte enchantée, souvent proposée au jeune public en version courte.

C’est aussi l’occasion de revenir sur des points fondamentaux de la connaissance de la musique : la voix et les voix, la composition d’un orchestre, le rôle du texte et de la musique. D’autres aspects (la scène, les costumes, le vocabulaire spécifique et les traditions, mais aussi le rôle de l’opéra dans l’histoire et la vie sociale, ses liens avec la création en général…) proposent des ouvertures multiples, qui peuvent être prolongées grâce à une biblio-disco-sitographie en fin d’ouvrage . Enfin, de nombreux jeux permettent au jeune lecteur de chercher la réponse à des questions, de compléter l’ouvrage, de mettre cet art en lien avec ce qu’il connaît. Les illustrations allient scènes colorées et documents, gravures ou photos retravaillés : art total au service d’un art total.

peitiehistoiredesjardinsLes éditions Mama Josefa sont décrites sur leur site comme « À la croisée des chemins de l’éducation et de l’environnement »; elles comptent en Aquitaine une centaine d’adhérents, individuels ou associations, et proposent depuis 2010 des documentaires de qualité, respectueux de l’environnement. Le principe :  » apprendre à regarder autour de soi, découvrir le monde pour acquérir des clés et développer une relation joyeuse au savoir ».

vignes et vinsDans la même collection, on trouve un ouvrage sur la préhistoire, le rugby, les rapaces, Sandrine Duclos a participé à Vignes & vins, un monde à découvrir… (ouvrage primé, en lien avec la région de ces éditions, celle de Bordeaux) et à  La Petite histoire des jardins du monde.

Tout le monde veut voir la mer

Tout le monde veut voir la mer
Agnès de Lestrade
Le Rouergue, 2011

La mer ? Et puis quoi encore ?

Par Simon Dumoulin master MEFSC Saint-Etienne

toutlemondeveutA travers le regard de Marika, petite franco-algérienne, l’auteur nous conte une histoire sans cesse conduite par l’optimisme. On se retrouve ainsi plongé dans les rêves de Marika, auxquels s’oppose la précarité des banlieues. Banlieues où la pauvreté est réelle, où l’on enferme les habitants dans des stéréotypes, mais où les gens savent vivre avec simplicité. A la cité des Muguets, la précarité est très rapidement dépassée par l’optimisme des habitants, mais aussi par les rêves de Marika, grâce auxquels elle espère offrir à sa mère l’occasion de revoir l’Algérie, son pays d’enfance.

Puis vient l’excursion à la mer avec tous les autres enfants de la cité… Rien ne semble plus ennuyeux et banal qu’un voyage à la mer. En tout cas Marika ne veut pas y aller. Elle, ce dont elle rêve, c’est faire du cheval. Pourtant, voici que la mer va devenir une explosion de liberté pour ces enfants, et Marika va découvrir que le monde dans lequel elle vit au quotidien n’est pas celui qu’elle croyait.

Ce livre, bien qu’il soit destiné à des enfants de 10 ans, touche à des phénomènes de société auxquels tout le monde est confronté : racisme et intolérance sont clairement évoqués dans cette histoire, à travers le monde de la banlieue. A celui-ci s’oppose celui de la mer qui semble être au contraire un monde, où la tolérance et l’acceptation de l’autre évoquent un avenir optimiste. « Ainsi, dans la vie, j’ai appris qu’il ne fallait désespérer de personne ».

Plus haut que les oiseaux

Plus haut que les oiseaux
Eric Pessan
Ecole des loisirs, Medium, 2012

Vertiges ?  Non !  Trop gentil !

Par Maryse Vuillermet

plus haut que les oiseaux imageUn premier roman jeunesse d’un écrivain qui écrit habituellement pour les adultes. C’est l’histoire d’un adolescent de cité qui  a pour habitude de grimper sur le toit de l’immeuble avec ses amis. Mais   il se tord de culpabilité parce qu’il a commis un acte très grave, le suspens dure assez longtemps,  le lecteur pense que c’est un crime ou que son ami qui aime s’approcher trop près du bord est tombé, enfin,  on apprend qu’ils ont jeté des bouteilles de bière vides et que l’une d’elle a blessé gravement le jardinier, il est dans le coma. Le héros s’exprimant à la première personne du singulier, nous fait part de son immense sentiment de culpabilité d’autant plus qu’il étudie avec un professeur merveilleux le roman de Dostoïevski,  Crime et châtiment qui traite justement de la culpabilité.

On n’accroche pas vraiment à cette histoire, le crime n’est pas si horrible ! Le héros est un jeune parfait, il ne boit pas, lit ses livres d’école,  a des parents très gentils… un professeur de français qui donne des vrais cours de littérature ! Un modèle !

A la fin,  n’y tenant plus, il s’apprête à se dénoncer mais,  au dernier moment,  le jardinier sort du coma et ô miracle,  tout est résolu, l’enquête policière s’arrête, et il n’est pas obligé de se dénoncer ! Pas très moral !

De plus,  il se met  soudain à militer activement avec son père,  comme pour se racheter mais sans que le texte ne nous y ait préparé ou n’ait expliqué pourquoi.

L’oiseau noir (La maison sans pareil, 1)

L’Oiseau noir (La Maison sans pareil, 1)
Elliot Skell
traduit (anglais) par Alice Marchand
Flammarion (grand format), 2012

Maison, douce maison?

Par Anne-Marie Mercier

lamaisonsanspareilLa thème de la maison en littérature de jeunesse mériterait une étude poussée – et pourquoi pas une thèse –, tant il est riche, surtout depuis quelques années. Il surprend par sa plasticité et sa richesse, de la maison qui s’envole, mais juste déplacée, du Magicien d’Oz (1900) à celle, beaucoup plus complexe, du Château de Hurle (1986, superbe roman de Diana Wynne Jones qui a inspiré Le Château ambulant de Murakami), aux maisons à géométrie variable de Coraline (2002) de Neil Gaiman et des Olivia Kidney d’Ellen Potter (publiés en français au Seuil, 2006, 2007), ou aux maisons ouvrant sur une infinité de mondes, dans la trilogie de Pierre Bottero (L’autre, 2006-2009), ou la maison fermée de celle d’Yves Grevet, (Méto, 2008-2009), dont le premier volume est intitulé « La maison »… On peut trouver de multiples raisons à la récurrence de ce thème : la maison est ce qui structure le dehors et le dedans, la famille et l’étranger, ce qui protège mais aussi ce qui cache : on y vit en famille, entre voisins, on s’y aime ou on se déteste, il y a des « cadavres dans les placards », des trappes, des caves et des greniers… La maison est sans doute le premier « monde » qu’un enfant explore, avec ses lieux réservés, espaces interdits ou dangereux, ses zones d’intimité et de collectivité, les lieux pour être ensemble et pour être seul.

La maison sans pareil, château bizarre et pseudo-gothique est presque une ville entourée d’une enceinte : tours, cours, couloirs et coursives, ailes abandonnées, jardins ou forêt intérieurs, rivière souterraine, parc… jusqu’au cimetière appelé le Champ des rêves. « Au delà des tours, des grandes salles, et des longues ailes des bâtiments occupés par les Capelan, il y avait encore d’autres tours, d’autres salles et d’autres ailes qui n’avaient jamais été habitées, et certains endroits bâtis par le Capitaine étaient encore des sortes de pays attendant d’être découverts. Il y avait des centaines, sinon des milliers de pièces dont on n’avait jamais ouvert la porte. »

Les Capelan, une famille devenue elle aussi tentaculaire l’habite depuis deux cents ans. On y vit en autarcie : la fortune léguée par le fondateur, le Capitaine, est si grande que chacun peut satisfaire tous ses désirs sans travailler, faisant venir de l’extérieur ce qu’il lui faut sans rien avoir à débourser. On s’occupe cependant : chacun développe un talent ou un goût qu’il a choisi (artisanat, inventions, sciences et littérature, collections…). Les Capelan adorent les fêtes et il y en a souvent. L’école, qui se déroule dans le Hall des inclinaisons (au lieu de « inclinations », erreur qui détermine l’architecture…) n’est pas obligatoire, mais tous les enfants y vont avec plaisir car les cours sont faits de façon très variée – ils portent d’ailleurs tous sur la Maison car aucun autre savoir n’est nécessaire. On y est gourmand aussi et des banquets délicieux se déroulent dans la Nef mauve ou dans le Hall des humeurs, immenses salles qui font penser au réfectoire de Harry Potter. Le service est assuré par les domestiques de la ville la plus proche qui s’est vidée de ses habitants au profit de la maison et eux mêmes se sont reproduits et occupent des fonctions héréditaires.

Personne ne sort de la Maison : pourquoi partir d’un lieu si parfait ? Mais parfois des personnes extérieures arrivent de loin pour épouser l’un des Capelan et y restent à tout jamais. Le début se rapproche d’un lieu utopique, parfait pour les citoyens à part entière. Mais bien vite, c’est la dystopie qui l’emporte, au moment de la mort du chef de la tribu, le « capitaine » (on devine qu’il a été assassiné) qui ne désigne pas de successeur affirmant : « Je suis mort, maintenant, alors je me fiche de ce qu’il va se passer. Je n’en ai jamais aimé un seul d’entre vous de toutes façons. » Dans ce temps d’incertitude quant à la légitimité du pouvoir, l’héroïne, Omnia Capelan, découvre par hasard des vérités cachées et sa curiosité (caractéristique étrange pour une Capelan) l’amène à explorer la Maison et son histoire, beaucoup plus noire qu’elle ne l’imaginait. Le roman devient alors une enquête policière labyrinthique et passionnante, sur fond de complot. Le côté sombre est souvent désamorcé par des scènes comiques, sans doute pour ménager les plus jeunes lecteurs qui auraient l’âge de l’héroïne (douze ans et quart), ce qui fait du roman un mélange un peu curieux : je partage l’avis de Sophie Pilaire dans Ricochet quant à la dispersion des effets tout en étant impressionnée par le monde inventé.

Les noms des personnages est une autre trouvaille : les noms des hommes commencent tous par Eter : Etergrand, Eterpiaf, Etersonge… ceux des femmes imitent le latin : Artésia, Basilica, Pedagogia… Et une question, posée deux fois à Omnia, propose une énigme : « est-ce le nom qui fait la personne ou la personne qui fait le nom ? » Question qui est ici davantage de l’ordre de la fabrique littéraire que de l’être. Vu le nom de l’héroïne (féminin pluriel de « tout » en latin, toute chose, toutes les choses) fait augurer pour elle un grand destin, à suivre dans les prochains volumes (le prochain est annoncé pour mars 2013).

 

Deux pirates pour un trésor

Deux pirates pour un trésor
Roger Judenne

Rageot, 2012

Pirates just want to have fun ?

Par Matthieu Freyheit

Deux_pirates_pour_un_tresorOn le sait depuis longtemps déjà, les pirates sont des comiques. Polanski en a fait la preuve dans son célèbre et ruineux Pirates. C’est que le pirate a cessé, avec le tremblant capitaine Crochet de la version Disney, d’être cette créature terrifiante et destructrice, cet ogre dévoreur d’enfant qui apparaissait dans les illustrations aux premières éditions du Peter and Wendy de James Matthew Barrie. Depuis, il n’est souvent rien d’autre qu’un joyeux et sympathique compagnon, aussi affable que le sont les membres de la famille pirate du dessin animé du même nom, accompagnés de leur fidèle crocodile Sac-à-main.

Bref, on connaît le potentiel comique/ridicule du personnage de pirate, que devrait confirmer ce petit ouvrage destiné, précise une quatrième de couverture enthousiaste, à « se lancer à l’abordage& du rire ! » Pour l’abordage, mettons. Quant au rire, c’est une autre affaire. Le volume est composé de huit récits très courts sur le thème de la piraterie, explorant un univers archi-connu pour en travestir et en désamorcer les motifs d’aventure, d’action et de violence et les convertir en rire. Le procédé, connu, tient théoriquement la route. Théoriquement. Mais il faut le génie d’un Polanski pour réaliser l’exploit de transformer l’essai. En l’occurrence, ni Deux Pirates pour un trésor ni aucun des sept autres récits ne parviennent à leur fin. Les textes manquent certainement de la vie, du rythme, de l’originalité et de l’audace nécessaires au rire. Il en faudra plus pour susciter quelque réaction chez les lecteurs/lectrices visé(e)s. Dommage.