Philibert Merlin Apprenti enchanteur
Glwadys Constant
Rouergue 2018
La chose la plus importante, c’est le choix d’un métier : le hasard en dispose
Par Michel Driol
Dans la famille Merlin, chacun possède un don magique : qui pour les mathématiques, ou la musique, ou la physique, ou la littérature… Mais Philbert semble désespérément normal… Il a beau chercher dans quel domaine il serait doué, il n’y parvient pas, et ses tentatives deviennent vite des catastrophes. Sa famille inquiète consulte, tente par tous les moyens de l’aider à trouver son don, rien n’y fait… Jusqu’au jour où le vilain petit canard fait la rencontre décisive qui lui permet de découvrir ce pour quoi il est doué… Mais on ne le révèlera pas dans cette chronique !
Le roman est drôle et enlevé, plein d’humour. La famille, apparentée à tous les plus grands génies (de Poincaré à Einstein…), les parents, les 7 enfants surdoués donnent lieu à une galerie de portraits à la fois stéréotypés (dans le bon sens), drôles et touchants. Les situations humoristiques s’enchainent à un rythme soutenu. On est plein d’empathie pour Philibert, qui a du mal à trouver sa place dans cette famille de génies : l’une des forces du roman c’est que le lecteur le devine avant Philibert et ses parents ! Le livre possède une dimension psychologique et apaisante : chacun possède un talent caché, c’est dans l’interaction et la rencontre avec les autres, avec les situations que propose la vie qu’il se découvre. Inutile donc de vouloir se spécialiser trop vite, ou grandir trop vite. Il faut prendre du temps pour se découvrir et se réaliser. Tout cela a de quoi rassurer des enfants en échec : ils finiront bien par trouver leur domaine de réussite.
Un petit roman humoristique pour aider les enfants à prendre confiance en eux…








Dès le titre, tout est dit… L’auteur présente les vers de terre qui se succèdent dans l’histoire : peu de différences entre eux, des lunettes sur l’un, une couleur sur l’autre. Histoire minimale illustrée par des vers de terre (normal, l’auteur répète à l’envi qu’il ne sait dessiner rien d’autre), l’un chevauche une licorne (non dessinée, évidemment). Un horrible drame survient : l’un d’eux se fait couper en deux… Un autre part au petit coin. Et tous les dix se réunissent. Voici un album à compter, ou du moins à utiliser la comptine numérique car chaque vers de terre est désigné par son numéro, avant de les trouver réunis sur la dernière page (ce qui illustre le nombre 10). On est sensible à l’humour de l’album : modestie de l’auteur, qui dessine des vers de terre minimalistes, mais leur prête des sentiments, des aventures, ce qui bien sûr ne se voit pas. L’ensemble de l’album est conçu sur le mode de l’adresse au lecteur : un « je » s’adresse à un « vous », commente ses dessins, les explique par des considérations matérielles (la perte du feutre rose par exemple).