Berceuse du merle

Berceuse du merle
Anne Brouillard
Editions du Seuil, 2011

Lorsque l’enfant paraît…

Par Christine Moulin

Cet album est une berceuse, en images. Mais quelles images! celles d’Anne Brouillard qui nous offre de merveilleux tableaux s’étalant sur de généreuses doubles pages, à fond perdu. Les couleurs sont chaudes, vibrantes: Anne Brouillard n’a pas son pareil pour, en quelque sorte, « peindre le temps ». Elle a su ici capter la lumière de l’été commençant, à l’unisson de la vie qui gazouille dans le berceau. La première partie opère un zoom vers l’oiseau qui donne son titre à l’album. Une fois que le lecteur l’a découvert, au milieu des feuilles, il assiste, guidé par le merle envolé, à un mouvement de « dézoom » qui permet à la fragilité de l’intime de s’élancer vers l’extérieur, vers l’avenir: en l’espèce, les jeux d’enfants plus âgés, la ville, un chat… Mais très vite, on revient vers la maison, le foyer: tout s’apaise et en même temps, s’anime car bébé est réveillé. Le chat, seule présence à peine menaçante, n’apparaît plus qu’en photo, dans un cadre, sur le buffet ; les enfants font signe à l’enfant, qui, bien à l’abri dans les bras de sa mère, y puise la force et la sérénité pour s’ouvrir au monde et le saluer.

Eona et le collier des dieux

Eona et le collier des dieux
Alison Goodman
Traduit (anglais) par Philippe Giraudon
Gallimard Jeunesse, 2012

Le crépuscule des dragons (2)

Par Anne-Marie Mercier

Pour ceux qui n’auraient pas lu le premier tome, voir plus bas la recension parue sur notre site précédent.

Après avoir refusé sa féminité pour survivre tout en assumant une fonction interdite aux femmes, Eon est devenu Eona.

Eona a ainsi pu accéder à son dragon, le Dragon miroir, seul dragon femelle au milieu d’un cercle de onze mâles. Mais hélas les autres seigneurs des dragons qui auraient pu l’aider à rétablir l’équilibre du monde ont disparu, massacrés par le maître du dragon Rat, le sinistre sire Ido. Dans le volume précédent, il avait également provoqué la mort de l’empereur. Il cherche à obtenir le pouvoir suprême et l’immortalité en manipulant Eona et en obtenant deux objets, les deux livres de perles, capables de soumettre les dragons.

Ce volume a les qualités du précédent; il est moins original car il n’a plus cette dimension de construction d’un monde imaginaire nourri de Chine impériale et de quête d’identité du personnage. C’est davantage un roman d’aventures, proposant de nombreuses scènes d’action, de fuite, de combats et de retrouvailles. C’est aussi un roman d’initiation amoureuse. Eona hésite entre deux hommes et entre deux formes d’amour : Ido, qu’elle croit changé, représente l’homme adulte et la sexualité ardente et libre dans laquelle elle se découvre et risque de se perdre ; le fils de l’empereur représente le jeune homme dont elle est d’abord l’amie et la confidente, puis la « fiancée »; il incarne la construction d’un avenir, le sens de la responsabilité et la nécessité du sacrifice. On voit que la morale finit par être sauve, mais elle aura été entretemps bien mise en question.

Enfin, si les personnages principaux ne sont pas sans quelques caractères stéréotypés, les personnages secondaires sont extraordinaires : dame Dela le «contraire » (homme se faisant passer pour une femme), l’eunuque, le général, la servante, l’enfant contrefait… Tous donnent à l’histoire une belle humanité.

 

Eon et le douzième Dragon
Alison Goodman
Gallimard jeunesse (pôle fiction) 2011

Dragons, masques et complots

par Anne-Marie Mercier

Amateurs de dragons et de Chine impériale et d’orphelins triomphants, ce livre est pour vous. Ce beau roman d’aventures et d’intrigues de palais est aussi un récit initiatique original et très calculé, alternant progressions lentes et chutes brutales, descriptions et scènes d’action.  L’ensemble du roman, très précis dans ses descriptions et dans ses localisations (tout se passe à peu près dans l’équivalent d’une « cité interdite ») et par l’évocation constante de couleurs, de matières, d’odeurs et de goûts tend à créer pour son lecteur une expérience d’immersion totale dans son univers.

C’est aussi un récit très noir où la cruauté et la violence dominent. En quelque sorte, du Pearl Buck (Impératrice de Chine) mixé avec du Franck Herbert (Dune), à moins que ce ne soit avec du Ann Mac Caffrey (cycle des dragons de Pern). La dissimulation et la trahison règnent, même dans le comportement du héros-ou plutôt de l’héroïne.

Eon, esclave orphelin, est à douze ans candidat au statut d’apprenti d’un maître « oeil du Dragon ». Il est en réalité Eona, obligée par son maître à cacher son identité pour entrer dans un domaine de pouvoir strictement interdit aux femmes (d’où son nom : ce thème de la fille déguisée est inspiré de l’histoire – fausse – du chevalier d’Eon). De nombreux personnages à l’identité sexuelle floue complètent le tableau. Enfin, la question du masculin et du féminin, du solaire et du lunaire,  et de leur équilibre nécessaire est au coeur du roman et de sa progression. Tout dépend de l’acceptation par Eona de sa féminité alors que ceci ne peut que provoquer sa mort et celle de ses proches.

Les visions d’Eon, des rencontres avec le monde des dragons qui se greffent sur des explorations de sa propre intériorité, ont beaucoup d’allure ; la dimension mythique de ce récit lui donne une coloration particulière. Le cataclysme qui se déchaîne à la fin du roman a un air de crépuscule des dieux spectaculaire.

Ce volume avait paru en 2009 en grand format, la version poche sort en même temps que le deuxième volume en grand format. (2011)

 

Le beau selon Ninon

Le beau selon Ninon
Oscar Brenifer, Delphine Perret

Autrement, Les petits albums de philosophie, 2012

Par Caroline Scandale

Le monde de Ninon

 

Autrement propose une collection d’albums philosophiques à destination des adolescents et de tous ceux qui s’intéressent à cette noble discipline. Ces documentaires (aux allures de BD) abordent des thématiques proches des préoccupations adolescentes, à l’image du plus récent, consacré au beau.

Ninon est l’héroïne espiègle et le fil conducteur de cette collection. De manière socratique, c’est à travers le dialogue avec ses amis et les adultes qui l’entourent, qu’elle forge ses convictions philosophiques. Sous forme de petites scènes dialoguées, ponctuées d’histoires ou de mythes célèbres, la jeune fille intelligente et curieuse nous entraîne sur les chemins de la pensée.

Les grandes notions philosophiques sont abordées à travers des questionnements concrets : la mode, le désir de plaire, les goûts, l’universalité, l’harmonie, la subjectivité… La philo, qui semble souvent trop éloignée de notre quotidien, est ici appliquée très judicieusement à la vie des ados, et c’est là une des excellentes idées de  cet ouvrage!

Comme le dit Ninon, il est bien difficile de comprendre ce qui fait une chose belle… En effet le beau dépend-t-il de l’avis du plus grand nombre ou d’une seule personne ? (la mode)… Aime-t-on quelqu’un parce qu’on le trouve beau ou le trouve-t-on beau car on l’aime ? (le goût)… Le beau ne serait-il pas mathématiquement beau ? (symétrie et harmonie)… Le beau doit-il toujours nous surprendre ? (qui n’a jamais été perplexe devant une œuvre d’art ?)… Le sujet d’une œuvre d’art doit-il être beau pour que l’œuvre soit belle ?…

– Finalement, Ninon, l’essentiel est de savoir que le beau dépend un peu de soi, non ?

– Oui bien sûr… En tout cas c’est plus facile que de chercher qui a raison !

– Merci Ninon…

Oiseau et Croco

Oiseau et Croco
Alexis Deacon
traduit (anglais) par Elisabeth Duval
Ecole des Loisirs, 2012

Pour l’amour des oiseaux… et des crocodiles

Par Christine  Moulin

Il est des livres qu’on est heureux d’avoir rencontrés: l’album d’Alexis Deacon est de ceux-là. Un cadeau.

Tout commence dans l’indistinction originelle des pages de garde. Des œufs flottent dans l’espace, la nuit des temps. La page de titre fait acte de nomination, Oiseau et Croco. Déjà, la typographie indique ce qui risque de séparer les deux héros. Le nom « oiseau » est recouvert de plumes, le nom « Croco » d’écailles, les « o » figurant des yeux manifestement reptiliens. Mais il est vrai qu’une minuscule copule « et » les unit, timide et essentielle.

La première double page a des airs de genèse. Face à l’immensité étoilée, deux œufs sont tendrement posés l’un à côté de l’autre et le texte dit ce que montre l’image, dans l’évidence des premiers moments. La naissance a lieu : le premier à sortir, c’est Oiseau, très vite suivi par Croco. Inquiet, le lecteur attend, si l’on peut dire, le « couac », d’autant que le premier cri du crocodile n’est guère rassurant: « J’ai faim ». Mais non… Les deux bébés découvrent le monde et l’apprivoisent, chacun selon ses compétences: Croco est doué pour trouver à manger, Oiseau pour chanter la beauté des choses ou pour bâtir une maison. Ils comptent l’un sur l’autre pour se réchauffer, se protéger  mutuellement, bref, grandir ensemble. Ignorant ce que leur « nature » respective leur permet ou leur interdit, ils progressent, sans se poser de questions, s’entraînant tous deux à voler ou à « lézarder »… Jusqu’au jour où une rivière les emporte « jusqu’à un lac empli de crocodiles au milieu d’une forêt pleine d’oiseaux ». Les appréhensions du lecteur renaissent…

L’amour fraternel, la tendresse vaincront, par-delà les déterminismes sociaux ou les pesanteurs génétiques… L’image de la fin est une merveille de simplicité et d’émotion. Les derniers mots peuvent alors s’écrire, ceux de l’intimité protectrice à laquelle aspirent les enfants et dont les parents ont la nostalgie, parfois: « Bonne nuit »…

L’avis et l’analyse de Sophie Van der Linden

L’œil du loup

L’œil du loup
Daniel Pennac
illustré par Catherine Reisser, mis en musique par Karol Beffa, orchestre de chambre de Paris, Gallimard jeunesse/Nathan, 2012

Le chant des mondes

Par Anne-Marie Mercier

Le célèbre récit de Pennac se suffit à lui-même, certes et il était déjà dans sa première édition bien illustré. Tout développement aurait pu sembler inutile. Et pourtant, cette version illustrée et accompagnée d’un CD, loin d’être superflue, lui donne une nouvelle vie: les dessins sobres de Catherine Reisser (qui avait illustré la version pocket) encadrent le texte, s’y inscrivent parfois, l’aèrent.

Le narrateur est parfait : c’est l’auteur lui-même et il le dit aussi bien qu’un acteur professionnel, sobrement, marquant des pauses. On échappe ainsi aux dialogues portés par des voix enfantines, rarement justes. La musique est belle et colle à l’atmosphère du récit sans être envahissante; elle s’inscrit dans les temps de silence de la voix et prolonge la force du dit. L’ensemble est parfait.

ABC bestiaires

ABC bestiaire
Janik Coat
Autrement Jeunesse, 2012

D’Antonin à Zadig

Par Christine Moulin

45239L’abécédaire est un genre ancien… Nous voilà loin, ici, des merveilles victoriennes, aux illustrations chargées. Tout est épure, à commencer par les pages de garde, qui montrent des dessins en noir et blanc, aux douces formes arrondies. La courbe, tel semble le parti pris de cet album, en effet, ainsi que les aplats de couleur, qui ne pourront que réjouir les yeux enfantins. Mais les parents et les plus grands pourront aussi apprécier la discrète originalité qui donne son prix à ce moderne imagier. La structure, accumulative, permet d’aboutir à une image foisonnante, une fois le « z » atteint. Mais surtout, ce qui est à la fois ludique et instructif (le mot est lâché…!), c’est que les mots écrits à chaque page n’indiquent pas le nom du nouvel animal représenté, mais lui associent un prénom. C’est ainsi que la baleine, semble-t-il, s’appelle Barbara. On s’imagine les jeux linguistiques qui peuvent alors naître spontanément: Didier le dindon, Florimond le flamand, Gaby la grenouille…  Pour vérifier si « l’on a juste », si l’on a bien identifié le nouvel animal, il faut se reporter à une liste, à la fin de l’ouvrage ou sur la quatrième de couverture, liste qui, en elle-même, est déjà jubilatoire, comme l’ensemble du livre, dont on peut présager qu’il sera longtemps et souvent feuilleté.

Voir aussi l’enthousiasme de nos amis de Ricochet.

L’étonnante disparition de mon cousin Salim

L’Etonnante Disparition de mon cousin Salim
Siobhan Dowd
Traduit (anglais) par Catherine Gibert
Gallimard jeunesse (folio junior), 2012

Autiste détective

Par Anne-Marie Mercier

Publié pour la première fois en français en 2009, ce roman fait penser très fortement au Bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon, publié en 2004, qui a connu un grand succès et a été beaucoup exploité par les enseignants et tous ceux qui cherchaient à développer la compréhension et la tolérance vis-à-vis des enfants handicapés (voir un article sur ce livre paru dans Repères)

Dans les deux cas il s’agit d’une enquête policière menée par un jeune autiste. Si le héros de Haddon, Christopher, atteint du syndrome d’Asperger, était à sa façon un génie, celui de Siobhan Dowd est plus intégré. Il a une sœur, deux parents, va au collège (et y est malheureux). Mais, comme Christopher, il a des manies (la météo), des gestes incontrôlés, des difficultés à comprendre les émotions des autres et à les partager. L’intrigue policière est ici plus développée, autour d’un événement plus dramatique, une disparition d’adolescent. L’évocation de l’angoisse de la famille et de l’appareil policier et médiatique qui se met en place crée de vrais moments d’angoisse. Le texte, bien traduit, rend bien les raisonnements de Ted et ses difficultés de langage et d’adaptation. Le duo qu’il forme avec sa sœur est parfois comique et crée des pauses qui allègent le récit.

C’est une belle façon de faire entrer les jeunes lecteurs dans une pensée différente. Le désir de Ted d’avoir des amis autres que ses parents et son éducateur est émouvant et fait comprendre, au-delà du  problème de l’autisme, le drame des adolescents en mal de communication.

Siobhan Dowd est décédée prématurément mais est présente dans l’actualité littéraire par la parution d’un très beau livre de Patrick Ness, Quelques minutes après minuit, sur une idée de roman qu’elle n’a pas pu achever (voir notre chronique parue le mois denier).

Le Secret d’Iona

Le Secret d’Iona
Gil Lewis
Gallimard (folio junior), 2011

Pour l’amour des oiseaux

Par Anne-Marie Mercier

La jeune Iona passe comme un éclair dans la vie du jeune narrateur (11 ans), mais elle détermine sa vie et ses choix : tournant le dos à ses copains, aux exploits en vélo ou à la pêche, il fait un bout de chemin avec celle que tous rejettent et il arrive à partager son secret : un nid qui prouve le retour d’un oiseau d’une espèce quasi disparue en terres écossaises, le balbuzard.

Si la première partie est guidée par la rencontre avec Iona, rencontre qui se termine tragiquement, la seconde suit le parcours d’Iris, la femelle balbuzard, jusqu’en Afrique : le garçon la suit grâce à une bague et à google earth, il tient son journal et l’on voit parfois à travers les yeux d’Iris. Tout cela mène à une autre rencontre, celle de la jeune africaine handicapée Jeneba, et à une belle histoire de solidarité.

Le roman mêle des préoccupations écologiques, sociologiques, humanitaires à la description de la vie quotidienne en Ecosse sans tomber dans l’artifice. Les personnages sont attachants et pittoresques, à peine stéréotypés (juste ce qu’il faut pour la couleur locale), comme les décors. Les événements s’enchaînent naturellement, en maintenant cependant plusieurs suspens. L’ensemble est un roman tout à fait réussi, plein de bons sentiments sans être mièvre, et émouvant.

La cabane au fond du chantier

La cabane au fond du chantier
Christian Roux
Syros, 2012, Collection Souris noire

Construire, déconstruire

Par  Maryse Vuillermet

 

 

Le narrateur vient de perdre son père et sa mère n’arrive pas à s’en remettre. L’histoire se passe dans les années 70, la vie est encore assez paisible dans les banlieues,  si l’on se tient éloigné de la drogue et de l’alcool. La barre Guillaume Apollinaire, où habitent Thierry, sa famille et tous ses amis doit être détruite et remplacée par des immeubles plus jolis et plus petits. Ses habitants sont désemparés. Un immense chantier se met en place tout près, sur un terrain vague.  Thierry  est fasciné par cet espace  ouvert  et a  soudain l’idée d’aller y construire une cabane pour rêver,  faire des fêtes, avoir un projet…  Le gardien, Alban,  bienveillant, au début,  les aide   et puis, un jour, il change brusquement d’attitude et leur interdit l’accès du chantier. Thierry, avec son amie Marine va faire le guet pour comprendre ce qui se trame dans ce chantier, pourquoi le chien d’Alban a disparu et ce que vient y faire le frère de  Soufia, Méziane,  censé être en prison.

 Ce court roman est un mélange entre roman social, qui dénonce les violences familiales (le père de Marine la frappe) le début des gangs de la drogue,   et célèbre la solidarité des habitants de la cité, l’amitié de la bande,  et « le genre  club des cinq revisité ».  En effet, Thierry et sa bande vont mener l’enquête et avec intelligence et  courage  et vont réussir.

Les Folles Aventures d’Eulalie de Potimaron, 3

Les Folles Aventures d’Eulalie de Potimaron, t. 3 : secrets et présages
Anne-Sophie Silvestre

Flammarion, 2012

Capes, épées et un soupçon de falbalas

Par Anne-Marie Mercier

Si le deuxième tome manquait un peu de rythme, le troisième a retrouvé de l’allant et de la verve : amours aventures, mystères, amitiés et trahisons, déguisements et masculinisation, rien ne manque à ce volume. Mieux encore, les personnages ont de l’épaisseur, contrairement à ce que l’on voit dans de nombreux romans historiques : Eulalie est bien vivante, et on s’intéresse à Monsieur, le frère du roi Louis XIV, souvent injustement considéré, et surtout à son fils, le jeune Philippe d’Orléans, futur régent.

Les moeurs du temps, et notamment ce qui annonce l’ « affaire des  poisons », sont remarquablement bien rendues et l’auteur évite avec aisance les clichés et ridicules enchainés par ses devancières sur cette histoire.

Pour une fois qu’on a un récit pour de jeunes lecteurs qui allie humour, allant, suspens et vérité historique, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin, j’espère ? et que ce tome 3 ne soit pas le dernier  (le 4 vient de paraître) est une heureuse nouvelle.